La bioéthique institutionnelle est aux mains de ce que l’auteur appelle la « Petite éthique » : en gros, l’éthique des droits de la personne, comme c’est le cas notamment du principisme. Or, cette focalisation sur l’individu engendre mécaniquement des effets globaux que la Petite éthique n’est pas en mesure de contrôler : la colonisation de la médecine par l’industrie technologique, la dictature du chiffre, l’emprise toujours accrue du numérique sur la médecine et le solutionnisme technologique qui l’accompagne – autant de phénomènes qui déshumanisent la relation thérapeutique. Même si l’on élargissait la Petite éthique à des dimensions plus qualitatives, celle-ci resterait vassale des industries technologiques. Il faut donc sortir de la Petite éthique, et hisser nos institutions bioéthiques à la hauteur des problèmes systémiques d’aujourd'hui.
Hunyadi, M. (2018). Approche critique de la bioéthique. In Emmanuel et François Hirsch (ed.), Les nouveaux territoires de la bioéthique. Traité du bioéthique IV (1ère, p. p. 622). éditions érès. https://hdl.handle.net/2078.5/60625