Notre thèse dans cette contribution est qu’un défi majeur de l’éthique actuelle réside dans sa conception de l’identité d’acteur, c’est-à-dire dans sa croyance au sujet éthique. Viser l’éveil, l’éducation ou l’accompagnement d’un acteur éthique, c’est attendre une forme de processus de subjectivation à travers lequel l’action éthique parvient à s’engendrer et à s’orienter de manière spécifique et autonome dans des contextes donnés. L’apport d’un cadre institutionnel sera toujours relatif à l’effet qu’il peut induire sur un tel processus sans jamais pouvoir se substituer à lui. Or si un tel processus dépend lui-même de certaines conditions d’éveil ou de stimulation, comment faut-il envisager celles-ci ? N’y a-t-il pas d’emblée aujourd’hui un double risque qui consisterait à compter sur une spontanéité de l’éveil en fonction des contextes de vie et des expériences ?
Maesschalck, M. (2012). Un sujet pour l’éthique ? Le pouvoir sur la vie nue de Agamben à Levinas. Revue d’éthique et de théologie morale, HS(271), 11-25. https://hdl.handle.net/2078.5/158978 (Original work published 2012)