Dans cet article, nous développons un modèle économétrique permettant de projeter les niveaux de capital humain et d’émigration qualifiée de tous les pays du monde. Nos projections révèlent qu’à politique d’immigration inchangée et sous l’impulsion de la hausse attendue des niveaux de capital humain, les taux de fuite des cerveaux devraient baisser légèrement dans les prochaines décennies. Si la France mène une politique d’immigration « choisie » similaire à celle du Canada, son stock d’immigrés diminuerait de 180 000 individus en 2050, la proportion d’immigrés qualifiés atteindrait environ 60 %. Cette politique engendrerait une hausse significative des taux de fuite des cerveaux de l’Afrique du Nord, de l’Afrique subsaharienne, des pays de l’ocde et, dans une moindre mesure, de l’Asie du Sud.
Defoort, C., & Docquier, F. (2007). Impact d’une immigration « choisie » sur la fuite des cerveaux des pays d’origine. Revue économique / Ecole des hautes études en sciences sociales, 58(3), 713-724. https://doi.org/10.3917/reco.583.0713 (Original work published 2007)