Kepler présente l’Astronomia nova comme le récit de sa découverte de ce que nous nommons ses deux premières lois. Le but de l’article est de retracer, sur base de ce récit, l’évolution de la pensée de Kepler en tenant compte des connaissances qui sont les siennes. En effet, Kepler ne connaît pas notre expression différentielle de la vitesse, mais ne dispose que de la vitesse aristotélicienne qui dit qu’aller plus vite veut dire soit parcourir un même espace en un temps plus court, soit parcourir un espace plus grand en un même temps. Cette dé nition explique la nécessité d’avoir “une montre” qui lui permette de mesurer et donc de compa- rer des temps de parcours. D’autre part, bien qu’il ne possède pas la théorie de l’intégration, qui semble pourtant indispensable à la démonstration de la loi des aires, sa «somme des distances constitue» un pas dans cette direction, un pas dont il reconnaît les limites. Finalement, l’article s’efforce de rendre compte du lien étroit que Kepler établit entre la première et la deuxième loi, au point de les énoncer en une seule et même phrase. L’Epitome, présentation systématique de ces deux lois, permet de contrôler l’interprétation faite.
Radelet-de Grave, P. (2015). , Des montres pour calculer des vitesses: ou comment Kepler explique sa découverte des deux premières lois. Philosophica, 41-42(semestre I-II/ 2012), 13-79. https://hdl.handle.net/2078.5/183763 (Original work published 2012)