Au 21e siècle, la transparence, la confiance et le pouvoir restent centrales dans la fabrique de l'action publique et sa dynamique démocratique. La réactivité des gouvernants et leur imputabilité demeurent des principes incontournables. En pratique, y-a-t-il des variations selon les secteurs de politiques publiques et/ou l'échelon de pouvoir concerné (du local au plus international)? Les données probantes et l'expertise en sont-elles des adjuvants? L'intérêt du citoyen en est-il une condition? Une politique publique est considérée comme d’autant plus démocratique qu’elle est formulée dans le sens souhaité par les citoyens. En ce sens, la démocratie institutionnelle favorise généralement les politiques congruentes par rapport aux politiques conflictuelles. Pourtant, la dynamique d’oppositions est inhérente à toute vie politique. Le marqueur du caractère démocratique des relations de réactivité et d’imputabilité est la prise en compte de la saillance des enjeux (y compris conflictuels) à partir d’une intervention citoyenne dans le respect de l’intérêt général et des valeurs démocratiques fondamentales.
Schiffino-Leclercq, N. (2019). Réenchanter la démocratie et la fabrique des politiques publiques. In Steve Jacob et Jérôme Couture (ed.), Démocratie et politiques publiques (p. pp. 355-375). Presses de l’Université Laval. https://hdl.handle.net/2078.5/219748