Dans la cinquième leçon de L'esprit et le monde, McDowell remarque, à l'occasion d'une comparaison des approches kantienne et anscombienne de la subjectivité, que l'argument d'Elizabeth Anscombe selon lequel « Je » ne fait pas référence « est vicié exactement de la même manière que celui des paralogismes [de Kant] l'est » (EM, n. 1, p. 139). McDowell soutient en effet que si Kant échoue à rendre compte correctement du « Je pense » supposé « accompagner toutes mes représentations », c'est qu'il ne parvient pas à comprendre la rationalité et les capacités conceptuelles humaines comme une « seconde nature », c'est-à-dire comme ce qui, tout en échappant à un « naturalisme brut », demeure naturel. Nous nous proposons ici d'éclairer cette comparaison à partir, entre autres, de l'usage que McDowell et Anscombe font respectivement de Wittgenstein sur cette question.
Aucouturier, V. (2013). Usages de “je”: McDowell et Anscombe sur la première personne. In A. Le Goff, Ch. Al-Saleh (ed.), Autour de l’esprit et le monde de John McDowell (p. pp. 181-194). Vrin. https://hdl.handle.net/2078.5/188853