L’historiographie à l’épreuve des trajectoires inclassables Arthur Rimbaud dans l’histoire littéraire : entre éthos congédiaire et propension compulsive à la rupture
L’historiographie aime à représenter les carrières d’écrivain en périodes, chacune introduite par un clivage qui scinde l’œuvre entre un avant et un après. Cette lecture a souvent été faite de l’évolution de Rimbaud, laquelle apparait comme l’exemple paradigmatique d’une production discontinue et achevée par une cessation d’écrire. Malgré d’abondantes recherches, les bifurcations qui traversent cette trajectoire restent opaques et continuent d’attirer l’attention des commentateurs. Est-ce là le signe que cette carrière met à l’épreuve les outils dont se sert la critique littéraire pour penser la rupture ? Telle est la question qu’envisage cet article dédié à l’analyse du cadre herméneutique par lequel les changements d’esthétique sont conçus. En abordant ce cas limite d’œuvre qu’est la production d’Arthur Rimbaud, que l’on confrontera à d’autres exemples, l’ambition est de proposer des pistes méthodologiques pour aborder le problème du changement stylistique. Cela contribuera au renouvellement de l’histoire littéraire qu’appelle Alain Vaillant en dessinant un parallélisme entre l’évolution des formes artistiques et la mutation des pratiques communicationnelles dans l’espace social où elles s’insèrent.
Deblander, M. (2022). L’historiographie à l’épreuve des trajectoires inclassables Arthur Rimbaud dans l’histoire littéraire : entre éthos congédiaire et propension compulsive à la rupture. Interférences litteraires/literaire interferenties. Published. https://hdl.handle.net/2078.5/266964 (Original work published 2022)