La vieillesse, la finitude et le temps qui passe sont des préoccupations anciennes des hommes et des philosophes. Depuis toujours, ils cherchent à conférer du sens aux événements de leur vie. Au milieu du XXème siècle, nous avons réduit la vieillesse « naturelle » et familière à un fait scientifique et observable. La médecine est ainsi devenue efficace et performante. Mais pour le soignant, le patient vieillissant n’est pas un simple fait. C’est son patient, celui avec qui il a noué une relation, celui qui le secoue ou l’interpelle. Et là, tout est plus complexe. Il s’agit de son expérience et de celle de son patient. Vivre en être humain le fait de sa propre vieillesse, de sa maladie, de sa dépendance, des bouleversements du corps et de ses habitudes de vie c’est y donner du sens. A ce niveau proprement humain, les conflits et les malentendus peuvent survenir. Il convient alors d’interpréter les intentions, les émotions et les sentiments des uns et des autres, des patients et des soignants. Old age, finiteness and death are old concerns of humans and philosophers. For a long time, they try to confer a sense on the events of their life. In the middle of the XXth century, we reduced the old age "natural" and familiar to a scientific and observable fact. The medicine so became effective and successful. But for physicians, the ageing patient is not a simple fact. It is his patient, his “closer”. There, everything is more complex. To live in human being the fact of its own old age, its disease, its dependence, it is to give meaning to it. At this “human” level, the conflicts and the misunderstandings can arise. It is necessary to interpret the intentions, the feelings of patients and physicians.
Jassogne, S. (2013). Les patients (nous) changent-ils? Aspects éthiques et philosophiques. Louvain médical, 132(6), 350-354. https://hdl.handle.net/2078.5/200100 (Original work published 2013)