Les marbres de la villa d’Aiano-Torraccia di Chiusi (San Gimignano, Sienne, Italie

(2011) XVIIIe Colloque du G.M.P.C.A. (Groupe des Méthodes Pluridisciplinaires Contribuant à l’Archéologie) — Location: Liège (11.April.2011)

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Depuis 2005, une mission belgo-italienne menée par l’Université catholique de Louvain fouille un site de grand intérêt établi dans l’ager Volaterranus (Toscane). Cette recherche s’inscrit dans le cadre du projet international “VII Regio: Elsa Valley during Roman Age and Late Antiquity”. Au cours des six campagnes de fouilles, l’aire ainsi étudiée a révélé un site caractérisé par une villa construite entre la fin du IIIème et le début du IVème siècle de notre ère. Munie d’une architecture et d’un appareil décoratifs monumentaux, la structure de cette première phase comprend une salle hexalobée, entourée d’une ambulatio pentalobée et accessible par un vestibule rectangulaire. Les investigations géophysiques préliminaires suggèrent que la villa devait s’étendre sur 1,5 ha dont environ 1500 m2 ont été fouillés à la clôture de la campagne 2010. Le luxe de la villa au cours de cette première phase transparaît de la qualité des appareils décoratifs tant pavimenteux (nombreux sectilia, fragments de tapis de mosaïque, seuils en marbre) que pariétaux (nombreuses tesselles de mosaïque et petites plaques pour marqueterie en pâte de verre, portions d’enduit peint, stucs architectoniques et crustae marmoreae), découverts presque toujours à l’état fragmentaire. Par la suite, probablement dans le dernier quart du IVème siècle, la villa subit des remaniements. La salle hexalobée est ainsi radicalement transformée, tant du point de vue architectonique que fonctionnel: une exèdre sur deux est abattue et remplacée par des salles rectangulaires. Ce nouvel agencement confère à la pièce la forme insolite d’une salle trilobée à base triangulaire. À la fin du Vème siècle la structure montre les premiers signes d’abandon et d’effondrement. Certaines parties, comme la salle trilobée, sont abandonnées et progressivement oblitérées par l’effondrement des revêtements pariétaux et des couvertures. D’autres secteurs subissent les premières spoliations qui ont principalement consisté en la récupération du marbre pour produire des dégraissants destinés à la réalisation in situ de céramique grossière. Ultérieurement, la villa, désormais à l’état de ruines, devient une aire dans laquelle est récupéré et conservé un matériel hétérogène (fer, alliage de cuivre, or, pâte de verre) destiné à la fabrication de petits objets d’artisanat tels que des fibules, des bracelets ou des perles de collier. C’est durant cette phase que les pièces rectangulaires construites à l’extérieur de la salle trilobée accueillent de petites officines pour le travail de l’or, du bronze et de la céramique et que dans les salles du sud s’implantent des officines dédiées au travail du verre et du fer. Dans le courant de la deuxième moitié du VIIème siècle la structure semble être définitivement abandonnée. L’aire montre toutefois des traces de fréquentation encore durant tout le Haut Moyen-âge, peut-être en raison de la présence à proximité du site de la via Francigena dont le tracé est attesté grâce au témoignage de Sigéric, archevêque de Canterbury, qui parcourt cette région à la fin du Xème siècle. Dans ce poster, nous nous proposons de présenter les données archéométriques obtenues par l’application de différentes méthodes d’analyse sur les marbres constituant les appareils décoratifs pavimenteux et pariétaux de la villa : observation de lames minces au microscope polarisant avec l’aide de l’analyse d’image, analyse chimique et minéralogique par fluorescence de rayons X et par diffraction de rayons X, analyse isotopique. Nous exposerons également des exemples de réutilisation de ces matériaux de décoration en pierre (en particulier, en marbre) comme dégraissant de céramique grossière réalisée au cours du Vème siècle.
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Citations

Cavalieri, M., & et al. (2011). Les marbres de la villa d’Aiano-Torraccia di Chiusi (San Gimignano, Sienne, Italie. XVIIIe Colloque du G.M.P.C.A. (Groupe des Méthodes Pluridisciplinaires Contribuant à l’Archéologie), Liège. https://hdl.handle.net/2078.5/61843