« Vieillir en restant actif » : tel est le projet porté à la fin des années 1990 par plusieurs organisations internationales avant d’être synthétisé en 2002 par l’Organisation Mondiale de la Santé et, en gérontologie, par Alan Walker. À la croisée du savoir et du politique, le « vieillissement actif » entend donner une image positive de l’avancée en âge en encourageant, dans une perspective du cycle de vie, la participation sociale, le bien-être et la santé le plus tardivement possible. Néanmoins, dès le départ, il existe aussi une acception étroite du terme qui réduit sa compréhension et ses prétentions politiques à la prolongation de l’activité professionnelle. Au début des années 2000, la Stratégie Européenne pour l’Emploi de Lisbonne a fixé deux objectifs quantitatifs à l’horizon 2010 : relever l’âge effectif moyen de départ à la retraite de cinq ans et atteindre un taux d’emploi de 50 % pour les 55-64 ans. L’OCDE (2006) a également soutenu cette approche, laissant le soin à l’OMS (2002) et à l’ONU de développer une définition plus large du « vieillissement actif », reprise cette fois par l’Année européenne 2012 du vieillissement actif et de la solidarité entre les générations. Si l’ouverture est patente, la priorité donnée à l’emploi reste importante de sorte que nous proposons d’interroger les enjeux de connaissance d’une sociologie du « vieillissement actif en emploi » à partir de l’expérience belge.
Moulaert, T. (2014). La Belgique, laboratoire du vieillissement actif… en emploi. In Hummel Cornelia, Mallon Isabelle, Caradec Vincent (ed.), Vieillesses et vieillissements : Regards sociologiques (pp. 93-96). Presses Universitaires de Rennes. https://hdl.handle.net/2078.5/46058