L'éthique de la vie face au décisionnisme moderne

(1996) Recherches de Science Religieuse — Vol. 84, p. 541-588 (1997)

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L'esprit écologique entraîne l'éthique à redéfinir le rappport de l'homme à la nature en tant que mode de relations entre vivants dans le monde de la vie. L'éthique moderne pose une coupure entre nature et culture, fins naturelles et fins spirituelles ; elle postule que la responsabilité est engagée uniquement dans la décision de poser un acte en fonction de l'état actuel du monde. L'éthique de la vie, que propose Hans Jonas, conteste cette coupure ; elle change la perspective de Kant en passant de la réciprocité des sujets à l'historicité du processus de la vie ; s'opposant également à l'utopisme de Marx, elle entend que la responsabilité du sujet assume le devenir historique de son action à l'égard des générations futures. Cependant, cette éthique reste encore trop affaire de décision et ne prend pas suffisamment en compte le champ d'application de ses normes. Aussi sera-t-il utile de la confronter aux recherches de J. Rawls dans le champ du consensus politique, ou à celles de P. Ricoeur dans le domaine de l'herméneutique. L'éthique de la vie appelle un sens nouveau de la normativité, étendue à son effectuation pratique, de telle sorte que la contrainte du respect de l'environnement soit comprise comme un enjeu pour le sens du destin collectif. Elle requiert l'apprentissage collectif d'un nouveau style de vie
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Citations

Maesschalck, M. (1996). L’éthique de la vie face au décisionnisme moderne. Recherches de Science Religieuse, 84, 541-588. https://hdl.handle.net/2078.5/157106 (Original work published 1997)