Monochrome et “bronze en toc”: l’art ironisé dans deux sonnets de Georges Fourest

Robert, Laurent
(2012) Le sonnet et les arts visuels : dialogues, interactions, visibilité — ISBN: [978-3-0343-1020-8], p. 343-362, published

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  • Robert, LaurentUCLouvain
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La présente contribution s’appuie sur deux sonnets de Georges Fourest (1864-1945), « À la Vénus de Milo » et « Pseudo-sonnet que les amateurs de plaisanterie facile proclameront le plus beau du recueil », extraits de La Négresse blonde (1909). Dans « À la Vénus de Milo », Fourest se livre à un exercice de dégradation d’une œuvre qui fut un véritable emblème esthétique pour les poètes parnassiens, comme en témoignent des textes de Banville, de Leconte de Lisle ou du premier Verlaine. Le travail de sape de Fourest contamine l’écriture du sonnet par une recherche ostensible de la disharmonie. Intégrant une vision quasi sociologique de l’appropriation de l’art par la bourgeoisie au dix-neuvième siècle, ce jeu de massacre sur quatorze vers semble en outre dialoguer avec certaines réalisations des artistes incohérents actifs durant la décennie 1882-1893. C’est le cas également du « Pseudo-sonnet que les amateurs de plaisanterie facile proclameront le plus beau du recueil ». Composé uniquement de lignes de « x », il constituerait une manière de monochrome textuel. Radicalisant d’une certaine façon le geste mallarméen de composition d’un « aboli bibelot d’inanité sonore », il rejoindrait toutefois les peintures « monochroïdales » d’Alphonse Allais dans une attitude plus frondeuse qu’avant-gardiste.
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Robert, L. (2012). Monochrome et “bronze en toc”: l’art ironisé dans deux sonnets de Georges Fourest. In Bénédicte Mathios (ed.), Le sonnet et les arts visuels : dialogues, interactions, visibilité (p. p. 343-362). Pete Lang. https://hdl.handle.net/2078.5/52616