Fonction respiratoire du jeune enfant : contribution à une approche non-invasive

Lebecque, Patrick
(1997)

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Details

Authors
  • Lebecque, PatrickUCLouvain
    author
Supervisors
Vliers, André
;
Stanescu, Dan C.
Abstract
Chez l’enfant comme chez l’adulte, l’exploration fonctionnelle respiratoire tient en pneumologie une place importante qui découle des limites, parfois même de la faillite de l’examen clinique. Elle peut éclairer des mécanismes physiologiques ou physiopathologiques. Il est fréquent qu’elle possède une portée diagnostique. Plus souvent encore, elle donne accès à des points de repère objectifs essentiels pour apprécier l’évolution d’une affection et en adapter au mieux le traitement. <BR> A partir de mesures effectuées chez 377 écoliers belges en bonne santé, nous avons établi des valeurs de références pour plusieurs paramètres fonctionnels respiratoires. Il s’agissait d’enfants d’origine caucasienne, âgés de 3 à 18 ans, recruté sur base de la réponse de leurs parents à un questionnaire détaillé. Les critères d’inclusion peuvent être considérées comme exigeants. Le milieu socio-économique des enfants plus aisé, leur environnement immédiat non industriel <BR> a. Certains aspects de la spirométrie plus spécifiques à l’âge pédiatrique sont discutés dans le premier chapitre o sont ensuite présentées les équations de prédiction retenues pour les principaux paramètres. Ces données n’ont pas d’équivalent dans notre pays. Comparées à d’importantes séries de la littérature, elle apparaissent en agrément avec celles-ci. <BR> Le plus vaste champ d’application de la spirométrie chez l’enfant a trait au diagnostic et au suivi de l’asthme bronchique qui est de loin la pathologie chronique pulmonaire la plus fréquente à cet âge. Tirant parti de nos propres valeurs de référence et avec le matériel et la méthodologie utilisés pour les établir, nous avons voulu réévaluer chez 100 enfants asthmatiques la sensibilité relative des différents indices spirométriques dans cette affection (chapitre 2). Le débit expiratoire maximal pour la partie moyenne de la capacité vitale est apparu le plus sensible des paramètres, peut-être parce que plus apte à refléter une atteinte des petites voies aériennes. <BR> b. La mesure du débit expiratoire de pointe (DEP) par un appareil simple, portable, utilisable à domicile est un outil précieux dans le suivi de l’asthme. Elle est très reproductible, accessible à la plupart des enfants dès5 ans et présente l’avantage de pourvoir être répétée plusieurs fois par jours s’il le faut. Ce paramètre est en soi assez rudimentaire. Mais dans une affection où par nature l’obstruction des voies aériennes est fluctuante, le reflet qu’en fournit un contrôle régulier du débit expiratoire de pointe se révèle finalement plus utile qu’une investigation fonctionnelle sophistiquée mais ponctuelle. Dans le chapitre 3, sont présentées et discutées les valeurs normales de ce paramètre telles que nous les avons déterminées à l’aide de l’appareil le plus largement utilisé (mini-Wright peak-flow meter). Curieusement, seule une autre étude de ce genre avait jusqu’ici été menée chez l’enfant d’origine caucasienne.<BR> c. L’une des rares méthodes d’étude fonctionnelle respiratoire non-invasive réellement applicable chez l’enfant âgé de 3 à 6 ans et celle des oscillations forcées qui donne en particulier accès à la mesure de la résistance du système respiratoire (Rrs). Le chapitre 4 rappelle les bases théoriques de cette technique. Les avantages et inconvénients des principaux appareillages disponibles sont évoqués, ainsi que les tentatives de modélisation du système respiratoire. Ces essais ont alimenté la réflexion sur plusieurs aspects fondamentaux de la mécanique respiratoire et en ont enrichi la compréhension. <BR> Le chapitre 5 est consacré aux valeurs normales de la résistance du système respiratoire (Rrs) établies chez l’enfant à partir de la population mentionnée plus haut. Dans de travail, nous avons utilisé un appareil relativement simple (Siregnost FD5 – Siemens, Erlangen) ne donnant accès qu’à la seule mesure de Rrs à 10 Hz mais en revanche une réelle facilité d’usage chez le jeune enfant ainsi qu’un excellent contrôle immédiat des conditions de mesure. Les valeurs de référence obtenues sont porches de celle proposées par la seule autre étude où ce matériel était utilisé. Elles se distinguent des autres par une dispersion nettement moindre. La corrélation entre Rrs et les paramètres spirométriques est par ailleurs apparue étroite. <BR> La capacité des paramètres oscillatoires à refléter une obstruction bronchique chez l’enfant asthmatique peut être étudiée dans des conditions particulièrement bien contrôlées par la comparaison avec les paramètres spirométriques (servant de référence) au décours de tests de bronchoprovocation aspécifique. Dans le chapitre 6 sont rapportés les résultats d’une étude de ce type chez 31 enfants âgés de 7 à 17 ans, adressés au laboratoire pour un test à l’histamine. L’appareillage utilisé était ici plus complexe (Oscillaire – Jones Medical Instrument, Oak Brook, IL) et permettait d’étudier simultanément le comportement du système respiratoire à plusieurs fréquences comprises entre 2 et 26 Hz. L’intérêt de la méthode des oscillations forcées dans ce contexte a pu être démontré. Les deux paramètres les plus sensibles étaient la résistance vis-à-vis de la fréquence. Ces données se trouvent confirmées par d’autres travaux, pour la plupart ultérieurs. <BR> Une moindre dispersion des valeurs normales d’un paramètre peut à priori favoriser l’interprétation de données isolées. Tirant à nouveau parti de nos propres valeurs de référence et avec la matériel et la méthodologie utilisés pour les établir, nous avons dès lors étudié la sensibilité de Rrs (10 Hz) chez les 45 enfants asthmatiques et chez les 45 patients atteints de mucoviscidose (chapitre 7). Chez l’enfant asthmatique, Rrd est apparu un paramètre tout aussi sensible et utile que le volume expiratoire maximal en une seconde (VEMS), et ceci tant dans les conditions de base qu’après l’administration d’un bronchodilatateur. En revanche, la mesure de Rrs est peu contributive dans la mucoviscidose où des valeurs normales ont pu être observées chez les patients dont le VEMS était parfois très altéré. Les raisons des limites de la méthode dans cette affection sont discutées. Il semble que l’atteinte des petites voies aériennes – particulièrement importante dans la mucoviscidose – soit mal appréhendée par cette technique
Affiliations

Citations

Lebecque, P. (1997). Fonction respiratoire du jeune enfant : contribution à une approche non-invasive. https://hdl.handle.net/2078.5/111398