La déficience en hormone de croissance de l’adulte (AGHD) est unanimement reconnue aujourd’hui comme un syndrome clinique à part entière et son traitement est devenu une pratique courante. Avec le recul et la réflexion objective, certaines questions se posent néanmoins : faut-il traiter tous les patients déficients ? À quelle dose et pendant combien de temps ? Quels sont les réels bénéfices à long terme, en particulier sur l’espérance de vie ? Si le diagnostic de GHD sévère est clairement établi et en l’absence de contre-indication évidente (cancer actif, diabète déséquilibré…), un essai thérapeutique parait justifié dans la plupart des cas. Le traitement par GH permet de corriger les anomalies de la composition corporelle secondaires à l’AGHD, améliorer divers paramètres et facteurs de risque cardio-vasculaires, augmenter la force musculaire et la densité minérale osseuse et, de manière variable, améliorer la qualité de vie et le sentiment de bien-être du patient. Le traitement sera commencé à faibles doses pour éviter les effets secondaires liés à une rétention hydro-saline, puis progressivement adapté en quelques mois en fonction des valeurs d’IGF-I, de la réponse clinique et de la tolérance individuelle. Il n’existe malheureusement pas de facteur prédictif évident de la réponse thérapeutique globale chez un individu donné et la décision de poursuivre ou non la thérapeutique dépendra du rapport bénéfices/[coût + risques] et, surtout, de la motivation du sujet traité
Maiter, D., & Alexopoulou, O. (2008). La déficience en hormone de croissance chez l’adulte (AGHD) : Qui, comment et pourquoi traiter ? La Revue Francaise d’Endocrinologie Clinique, Nutrition et Metabolisme, 2008, 99-112. https://hdl.handle.net/2078.5/203729 (Original work published 2008)