La nuit du 6 au 7 novembre 2024, 9 777 personnes sans-chez-soi ont été recensées en Région de Bruxelles Capitale. À méthodologie égale, ce chiffre représente une hausse de 25 % par rapport au dénombrement de 2022. Cette évolution s’explique à la fois par la dégradation persistante de l’accès au logement, en particulier pour les publics les plus précarisés, et par l’augmentation des situations les plus extrêmes, telles que la vie à la rue, en logements non conventionnels ou par le recours de plus en plus fréquent aux structures d’urgence, étroitement lié à l'augmentation des capacités d'accueil. Ces résultats mettent également en lumière une orientation des politiques publiques largement centrée sur la réponse immédiate. Alors que les dispositifs d’hébergement d’urgence connaissent une croissance marquée, les maisons d’accueil, mieux adaptées à un accompagnement à moyen terme, n’ont progressé que de manière marginale. Cette dynamique traduit un déséquilibre persistant, où la mise à l’abri prévaut sur la stabilisation des parcours et la construction de sorties durables du sans-chez-soirisme.
Pierre, A. (2026). Croissance du sans-chez-soirisme à Bruxelles. Ce que montre le dénombrement de 2024. Brussels Studies, 213. https://doi.org/10.4000/15o1k (Original work published 2026)