Institutions, pièges à création. Le mai 68 des écrivains à Cuba

Damerdji, Amina
(2018) 1968 dans les Amériques et dans la Caraïbe — Location: Université de Poitiers (France) (15.October.2018)

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  • Damerdji, AminaUCLouvain
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Dans Le Mai 68 des écrivains. Crise politique et avant-gardes littéraires récemment paru en janvier 2018, Boris Gobille analyse l’impact de l’événement de mai 68 sur le champ littéraire français ainsi que les conséquences proprement politiques de cet impact. À Cuba, l’avènement de la Révolution en 1959 a été un événement politique mais aussi un événement littéraire. Des moyens et un statut inédits ont été donnés aux écrivains de l’île ; dans un cadre plus ou moins défini par les dirigeants politiques, ils ont été invités à prendre part à la parole publique ; un mouvement poétique, le colloquialisme qui veut, en accord avec l’idéologie de la Révolution, démocratiser la parole poétique, est devenu hégémonique. Aussi parler de mai 68 à Cuba, alors que neuf ans se sont déjà écoulés et que la Révolution connaît un processus d’institutionnalisation marqué par la fondation du Parti Communiste en 1965 peut paraître décalé à la fois du point de vue politique et du point de vue du fait littéraire. En effet, le processus d’institutionnalisation touche aussi le champ littéraire structuré par l’Union Nationale des Artistes et Écrivains de Cuba, par la Casa de las Américas et par un dispositif éditorial qui, en 1967, devient entièrement nationalisé. Ce cadre institutionnel peut inviter à lire mai 68 à Cuba comme un « non-événement » politique. Cette assertion, discutable, l’est encore plus pour le fait littéraire. Sans chercher à rabattre l’évènement littéraire français sur l’événement littéraire cubain et en adoptant une chronologie plus large que celle des seuls mois de mai et juin, cette communication cherchera à montrer comment, précisément en mai 68, deux évènements littéraires (l’éviction de l’avant-garde poétique officielle du Caimán Barbudo en janvier 1968 et les polémiques autour du prix Julian del Casal de l’UNEAC en octobre 1968), ont interpelé les institutions politiques. Inversant la perspective de Boris Gobille qui confronte le politique dans ses états critiques et le littéraire dans ses logiques d’avant-gardes, nous chercherons à montrer comment à Cuba, en 1968, le littéraire dans ses logiques d’avant-garde institutionnalisée a pu créer une crise politique.
Affiliations
  • Université de Lorraine

Citations

Damerdji, A. (2018). Institutions, pièges à création. Le mai 68 des écrivains à Cuba. 1968 dans les Amériques et dans la Caraïbe, Université de Poitiers (France). https://hdl.handle.net/2078.5/120864