Housing crisis and answers 'from below'. Resistance or resilience? The case of Turin.

(2014) 7th Franco-Italian Meeting of Social Geography — Location: Université de Tours

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Le phénomène des squats résidentiels est à Turin assez récent et de plus en plus important, souvent expliqué en se référant à la crise actuelle, notamment à la crise du logement et à la faiblesse des réponses publiques dans ce domaine. A Turin (comme dans le reste d’Italie) la politique publique du logement a toujours été très faible, à la fois en termes quantitatifs, de disponibilité de logements sociaux, et qualitatifs, de différenciation des solutions offertes. De plus, d’autres éléments contribuent à expliquer la persistance d’un besoin insolvable, à savoir : l’augmentation des constructions résidentielles ; la demande croissante des populations les plus vulnérables qui devient plus diversifiée à cause des changements socio-économiques, y compris les flux migratoires (Governa et al., 2008 ; 2009) ; l’augmentation du coût des loyers (Chicco, 2007). Ces processus ont eu une accélération lors des Jeux Olympiques d’Hivers de 2006, avec une surproduction de logements restés invendus qui vont s’ajouter au ensemble des immeubles vides ou non utilisés (environ 35.000 unités habitatives, ISTAT, 2011). La plupart de ces immeubles se trouvent aujourd’hui dans un état de dégradation physique et environnementale du à l’abandon et à la manque d’entretien ; cependant, ils peuvent représenter une opportunité, voir une ressource, pour les plus démunis. Au cours des dernières années, la crise économique a certainement exacerbé certaines dynamiques et notamment a contribué à l’aggravation des conditions de marginalité liées au logement des populations les plus pauvres, comme le témoigne le nombre croissant d'expulsions pour loyers impayés. Au même temps, malgré les quelques changements innovants dans les politiques locales visant à traiter de manière intégrée les différents besoins sociaux et de rénovation physique de certaines parties de la ville (Governa et Saccomani, 2009), et malgré l’activation de services spécifiques adressés aux situations d’urgence, on ne parvient pas à faire face aux problèmes de logement. Dans ce cadre, le squat devient une solution possible, là où le besoin de logement et la disponibilité des immeubles vides se croisent, de manière illégale et à travers l’interaction de plusieurs acteurs, à savoir les familles sous expulsion et les squatters politiques qui se mobilisent pour les soutenir. C’est ainsi que le « Guichet Logement » (« Sportello Prendo Casa »), mis en place et géré par les deux principaux squats d’activité politique de la ville, offre un véritable service, gratuit et où l’on demande pas de papiers : l’accueil des familles, l’assignation des appartements, l’occupation des immeubles, la résistance aux expulsions. La réponse publique est, dans la majorité des cas, répressive. Squat après squat, expulsion après expulsion, comment peut-on qualifier ces pratiques d’occupation mises en place de manière « collective » par les squatteurs politiques et les familles en condition de précarité ? Est-ce qu’on peut les qualifier comme pratiques de résistance ? De quel type de résistance s’agit-il ? Ou bien est-ce qu’il s’agit de formes de résilience, de réponses ‘adaptives’ à la crise ? Ou encore, est-ce que ces deux termes peuvent co-exister ? Qu’est-ce que cela peut signifier dans ce cas ?
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Citations

Rosa, E. c. (2014). Housing crisis and answers ‘from below’. Resistance or resilience? The case of Turin. 7th Franco-Italian Meeting of Social Geography, Université de Tours. https://hdl.handle.net/2078.5/167683