Staged bodies envisage les nombreuses façons dont le corps est mis en scène dans la photographie artistique depuis 1970. L’ouverture de la culture postmoderne aux domaines de la fiction, de l’hybridation et du simulacre a provoqué de nombreux bouleversements dans le traitement du corps. Le corps n’est plus un fait biologique inchangeable, mais une construction sociale, compréhensible uniquement à travers le prisme de ses multiples mises-en-scène dans des contextes historiques et culturels particuliers. À ce passage d’un corps naturel et permanent vers un corps idéologiquement déterminé et remodelable, correspond, en termes de photographie, l’abandon d’une approche documentaire en faveur d’une « staged photography », une photographie, qui, au lieu de prétendre à la reproduction du réel, le théâtralise et le fictionnalise.