Cassytha filiformis (Lauraceae) est une plante parasite, largement répandue dans les régions tropicales du globe. Elle est amplement utilisée en médecine traditionnelle, notamment au Bénin, pour traiter diverses pathologies infectieuses. L'introduction de cette thèse présente d'une part, une revue des connaissances relatives aux effets cytotoxiques et antitumoraux des aporphinoïdes, leur mode d'action et les relations structure-activité, et d'autre part, les données bibliographiques disponibles sur le C. filiformis et ses alcaloïdes. Après une brève description des matériels et méthodes utilisés tout au long de ce travail, une partie de la thèse relate l'isolement, la purification et la détermination de structure de 4 aporphines majoritaires (actinodaphnine, cassythine, dicentrine et néolitsine) d'un échantillon béninois de C. filiformis, ainsi que leur cytotoxicité in vitro sur 3 lignées cellulaires cancéreuses et une lignée non cancéreuse. Elle décrit également, pour la première fois, l'assignation complète des signaux RMN de la cassythine et de l'actinodaphnine. La partie suivante de la thèse reprend les résultats obtenus lors de l'étude des fragmentations d'aporphines par ESI-MSn. Ils ont permis la proposition de règles générales de fragmentation permettant d'obtenir rapidement des informations structurales sur ce type de composés. Par ailleurs, cette partie décrit également l'isolement, la détermination structurale et l'assignation des signaux RMN d'une cinquième aporphine, la nornéolitsine, isolée pour la première fois du genre Cassytha. Une autre partie de notre travail est consacrée à la mise au point d'une méthode d'extraction, de séparation et de quantification des aporphines du C. filiformis. Cette méthode a été complètement validée et est compatible avec une détection par spectrométrie de masse. Outre l'identification d'une sixième aporphine, la cassythidine, l'analyse des différents lots béninois collectés à des périodes et sur des hôtes différents a montré que l'hôte parasité et la saison de récolte influencent fortement le contenu et les proportions des diverses aporphines. La dernière partie de notre travail a permis de comparer la cytotoxicité in vitro sur les cellules HeLa des trois aporphines majoritaires de C. filiformis et de 4 aporphines disponibles commercialement. Différentes méthodes spectroscopiques ont montré que les aporphines étudiées se lient à l'ADN et se comportent comme des agents intercalants, mais aucune relation directe n'a été observée entre cette interaction avec l'ADN et l'activité cytotoxique de ces molécules.
Affiliations
UCLouvainMD/FARM/CHAM - Unité d'analyse chimique et physico-chimique des médicaments
Citations
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Stévigny, C. (2004). Contribution à l’étude des aporphines d’échantillons béninois de Cassytha filiformis L. https://hdl.handle.net/2078.5/110734