Alors que Claude-Levi Strauss considérait la ville comme le lieu d’une « ethnographie du dimanche » (p. 22), Michel Agier s’emploie à nous démontrer dans cet ouvrage que la ville est désormais le lieu de l’anthropologie. Pour autant, le lecteur n’y trouvera pas de définition préétablie de la ville : loin d’être un donné, elle y est décrite comme une totalité invisible et décomposée, inexorablement vouée au changement ; un « hologramme » reconstruit par chacun (Agier, 2015). Selon l’auteur, il n’en reste pas moins possible de l’approcher conceptuellement, mais aussi d’en réécrire l’anthropo-logique, « en partant du point de vue des pratiques, des relations et des mots des citadins tels que le chercheur lui-même les observe et les note, directement en situation » (p. 25). Agier l’illustre en partageant ses observations de terrain à Lomé (Togo) et à Salvador de Bahia (Brésil) afin de développer les pistes théoriques, empiriques et méthodologiques (voire politiques) qu’il propose.
Daffe, L. (2015). Compte-rendu de “Michel Agier, Anthropologie de la ville, Paris, Presses Universitaires de France, 2015.”. Emulations, s.v., s. https://hdl.handle.net/2078.5/38267 (Original work published 2015)