Dans cet article, nous aimerions explorer une source rarement utilisée en sciences sociales et politiques – il s’agit du folklore local et des collections d’amateurs – qui pourtant, permet de rendre compte des territoires en lutte sans réduire ceux-ci à n’être que l’objet, neutre et passif, du conflit. En effet, comme le montrera l’article, cette source permet de rendre au territoire une partie de son épaisseur, caractère et histoire irréductibles, tout en l’insérant dans les tensions politiques qui le concernent aujourd’hui. En l’occurrence, l’article présentera le musée ethnographique PolderMAS qui a été créé par des habitant·e·s à Ouden Doel près d’Anvers, afin de garder une trace des hameaux et terres actuellement menacés de disparition. Qu’est-ce qu’archiver ce territoire-là ? En quoi est-ce un acte de résistance de le faire ? Quel est le rôle joué par les objets dits ethnographiques qui y sont exposés ? Telles seront les questions abordées dans l’article. Mais avant cela, il faut bien saisir en quoi consiste la menace qui pèse sur ces terres.
Zitouni, B. (2020). Résister à la disparition du territoire : le Musée ethnographique PolderMAS et l’extension du Port d’Anvers. In Véronique Filleux, Aurore François, Françoise Hiraux (ed.), Archiver les temps présents: Les fabriques alternatives d’archives (p. p. 201-217). Presses Universitaires Louvain. https://hdl.handle.net/2078.5/166041