Sous le Second Empire, l’amour entre hommes est un sujet tabou dans la littérature, interdit par la censure. Évoquer la « pédérastie » doit se faire conformément aux stigmatisations définies par le discours médical. Le présent article étudie deux romans contemporains qui mettent cet amour au centre de leur intrigue : Monsieur Auguste de Joseph Méry (1859) et Le Comte Kostia, du futur académicien Victor Cherbuliez (1863). Les deux romanciers utilisent une stratégie narrative qui, par le dénouement qu’ils donnent au récit, permet de contourner la censure contemporaine. Les critiques et les lecteurs contemporains n’ont pas été dupes de ces subterfuges et ont saisi la vraie nature des sentiments d’amour exprimés dans chacun des deux romans.
Rosenfeld, M. (2019). Écrire et escamoter l’amour entre hommes sous le Second Empire : Monsieur Auguste et Le Comte Kostia. Littératures, 1(81), 119-129. https://doi.org/10.4000/litteratures.2452 (Original work published 2019)