Le thème de la « réussite éducative » peut être regardé du point de vue des mots qu'il mobilise, ces mots empreints d'une manière d'appréhender le monde et de symboliser une époque. L'un de ces mots clés, « partenariat », est censé – si l'on en croit les discours institutionnels - participer d'une « nouvelle approche dans la prise en compte des enfants les plus en difficulté » et caractériser une « véritable politique locale d'éducation ». Dans ces discours, « réussite éducative » et « partenariat » semblent indissolublement liés, s'appelant l'un l'autre pour traduire en mots un « changement de posture de l’action publique dans le champ du partenariat éducatif ». J'aborderai ici le partenariat comme objet de discours et de pratiques. Il s'agit de comprendre à quelles logiques relationnelles ce terme renvoie, ou plus précisément à quel ordre de rapport il engage les acteurs du champ éducatif. Dans le présent article, je travaille cette question à deux niveaux : dans les discours institutionnels qui prescrivent et organisent les politiques publiques, je cherche à cerner ce que veut dire "partenariat" ; au niveau des possibilités pratiques ouvertes par ce mot, j'explore l'un des problèmes qu'il recèle : la contradiction entre une référence en principe égalitaire et son application dans le champ éducatif, qui est par définition organisé par des rapports de pouvoir asymétriques entre catégories d'acteurs.
Dhume, F. (2013). Sous le partenariat, les rapports de pouvoir. La réussite éducative de tous et l’échec scolaire de certains . Diversite, 2(173), 73-81. https://hdl.handle.net/2078.5/100715 (Original work published 2013)