L’archéologie minoenne prend son essor au début du 20e s. avec l’archéologue anglais Arthur Evans qui entreprend ses travaux à Knossos. Dès le début, il est apparu évident, tout du moins au vu de l’iconographie des fresques qui furent rapidement mises au jour, mais aussi des très nombreuses figurines en bronze ou en argile dégagées des fouilles, que les femmes jouaient un rôle important, mis en avant, dans la culture minoenne. Lorsqu’on demande à un archéologue de parler de la question du genre et des relations entre les sexes dans une société donnée qui n’a pas laissé de traces écrites, ou dans notre cas, pour la civilisation minoenne qui s’est développée en Crète aux 3e et 2e millénaires av. J.C., des traces écrites soit non encore été déchiffrées, soit principalement liée à l’organisation économique et comptable, il ne peut pas confronter les données archéologiques qu’il examine à un certain récit que cette société aurait donné d’elle-même. On fonde alors essentiellement nos travaux sur l’analyse des contextes archéologiques, de la culture matérielle, de l’iconographie, et on peut faire appel à des parallèles anthropologiques pour pouvoir proposer un modèle explicatif qui articule nos observations et analyses.
Langohr, C., & et al. (2017). Chercher la femme. Questions de genre en archéologie minoenne. Journée d’étude sur les recherches autour du Genre dans l’Institut des Civilisations, Arts et Lettres, UCLouvain. https://hdl.handle.net/2078.5/25357