Dans cet article, nous nous intéressons à la façon dont les processus de transition écologique cherchent à relever le défi des injustices socio-écologiques vécues dans le domaine agricole. Deux situations concrètes sont évoquées : une communauté d’éleveurs de porcs (BESH) qui défend une pratique d’élevage non-industrielle dans un contexte agricole marqué par de profondes inégalités socio-économiques ; l’action d’un artisan semencier (Semailles) pour valoriser la biodiversité cultivée, dénommée également « semences paysannes », face à l’hégémonie d’un système semencier qui exclut les pratiques alternatives et standardise les savoirs agricoles. Dans le premier cas, la transition est l’occasion de mobiliser une communauté agricole en s’appuyant, entre autres, sur un principe de redistribution ; dans le second cas, il s’agit de rendre publique une injustice en luttant contre la marginalisation des savoirs non-homologués et en s’appuyant sur un principe de reconnaissance.
Hecquet, C., Coolsaet, B., Hallin, M., Stassart, P., & de Nanteuil, M. (2022). Les théories de la justice sociale au service de la justice écologique. Deux études de cas, une proposition politique. Etopia, 16. https://hdl.handle.net/2078.5/234102 (Original work published 2022)