(fr) Plusieurs questions fondamentales d’ecclésiologie sont traitées dans la dissertation doctorale de Christophe D’Aloisio. Quelle est la base de l’édifice ecclésial ? Quels en sont les éléments constitutifs ? Quelle logique organique y est à l’œuvre ? Qu’est-ce qui la fait vivre et y assure la communion ? C’est dans le cadre et dans la suite de l’ecclésiologie orthodoxe exposée et développée par Nicolas Afanassieff (1893-1966) que cette étude se situe. Cet auteur, l’un des grands représentants de l’« École théologique orthodoxe de Paris », a renouvelé l’appréhension, en son temps principalement juridique, de l’Église. Pour Afanassieff, l’Église, fondée sur le mystère conjoint de la Croix et de la Résurrection, constitue la manifestation sacramentelle de la présence du Christ, et dès lors de l’éternité, dans l’histoire. L’assemblée des chrétiens, unie dans et par l’eucharistie, constitue une « icône de l’Église ». Corps du Christ, corps ecclésial et corps eucharistique s’appellent respectivement et ne peuvent s’entendre indépendamment les uns des autres : c’est ce qui fonde, théologiquement, l’ecclésiologie eucharistique, qu’Afanassieff a développée. La dissertation en étudie la genèse, de manière systématique et critique, en propose une réévaluation et en évoque les prolongements et la pertinence pour les problématiques ecclésiales actuelles. C’est par l’étude attentive de la théologie des ministères que sont explorés et examinés ici les fondements et les dispositions organiques de l’Église. En effet, les ministres ecclésiaux assument les charges des diverses fonctions structurelles du corps ecclésial : leur étude, au sein de leur ordre, autant que dans la sphère de responsabilité ecclésiale des laïcs, révèle ainsi, de manière dynamique, la communion de l’Église, et en relève. Envisagés dans l’Église locale d’abord, les ministères s’étendent, et s’entendent au service de la communion des Églises, tant au niveau régional qu’universel, comme ce fut le cas, au-delà des diversités hiérarchiques et territoriales, dans l’Église des premiers siècles. Une fois religion d’État de l’empire romain, une certaine uniformité s’est installée dans l’organisation de l’Église, mais des apports extrinsèques ont également pénétré l’organisme ecclésial. Depuis lors, le corps de l’Église a connu des évolutions, pour certaines compatibles, pour d’autres incompatibles avec la constitution ecclésiale d’origine. Ce n’est qu’au XXe siècle, du moins dans l’Église orthodoxe, que s’est ouverte la possibilité pour l’Église de se concevoir autrement que dans l’assujettissement à des autorités d’État. En rappelant les principes ecclésiologiques établis par N. Afanassieff, la présente dissertation entend également fournir des points d’appui à la réflexion actuelle sur cette question primordiale.