Introduction L’inflammation pulmonaire est l’une des caractéristiques clefs de la pathologie pulmonaire de la mucoviscidose. Nous avons préalablement démontré que, même en absence de toute stimulation, les macrophages alvéolaires et péritonéaux sont plus nombreux chez la souris CFTRtm1Eur, homozygote pour la mutation F508del-CFTR, que chez la souris sauvage (WT). Le vardénafil, un inhibiteur de la phosphodiestérase de type 5 (iPDE5), possède des effets anti-inflammatoires bénéfiques dans la mucoviscidose. Plus récemment, nous avons démontré que l’iPDE5 inhibe la réponse inflammatoire induite par le lipopolysaccharide de Pseudomonas aeruginosa (LPS) chez la souris CFTRtm1Eur. Objectif Le but de ce travail est de tester les hypothèses que, dans la mucoviscidose, 1) la biologie des macrophages est altérée, et que 2) ces cellules représentent des cibles de l’effet anti-inflammatoire du vardénafil. Méthodes La biologie des macrophages a été étudiée en culture primaire après séparation et purification à partir d’homogénats de poumons et de lavages péritonéaux de souris CFTRtm1Eur atteintes (CF) ou non (WT) de mucoviscidose. Le rôle de ces cellules dans la réponse inflammatoire a été analysé, dans un premier temps, suite à la stimulation par le LPS. Ensuite, la différentiation cellulaire a été étudiée par un protocole expérimental menant à la polarisation pro- (M1) et anti- (M2) inflammatoire. La polarisation M1 a été induite par l’utilisation combinée de LPS et l’IFNγ, la polarisation M2, par l’association d’IL-4 et d’IL-13. Des marqueurs pro-inflammatoires (TNF-alpha, IL-1beta et CCL-2) et anti-inflammatoires (FIZZ-1 et mYm1) ont alors été quantifiés par ELISA (surnageants de culture) ou par RT-PCR quantitative (macrophages). Pour chaque condition, l’effet du vardénafil (50µM) a été testé. Résultats Comparés aux macrophages pulmonaires WT, les CF présentent une réponse pro-inflammatoire au LPS exagérée; cette observation est confirmée dans les cellules provenant de la cavité péritonéale. Le traitement avec le vardénafil réduit ces réponses. La polarisation M1/M2 est altérée dans les macrophages CF. En effet, tant pour les macrophages pulmonaires que pour les péritonéaux, la réponse des marqueurs de la voie M1 est au moins 4 fois plus grande dans les cellules CF que dans les WT. Par contre, la réponse des marqueurs de la voie M2 est plutôt réduite dans les cellules CF. Ces résultats indiquent un déséquilibre de la balance pro/anti-inflammatoire dans les macrophages en cas de mucoviscidose. Le traitement avec le vardénafil permet de rétablir ce déséquilibre en freinant les réponses excessives des marqueurs pro-inflammatoires, en particulier de l’IL-1beta et du TNF-alpha dans les populations cellulaires pulmonaires et péritonéales. De plus, le vardénafil agit sur la polarisation M2 en corrigeant notamment la réponse excessive du FIZZ-1. Conclusions Ces résultats indiquent que les macrophages jouent un rôle critique dans la réponse inflammatoire dans la mucoviscidose. La différentiation cellulaire des macrophages provenant de différents compartiments de l’organisme est tournée vers un profil pro-inflammatoire associée à une réponse anti-inflammatoire plutôt réduite. L’effet immunomodulateur du vardénafil serait bénéfique dans la mucoviscidose car l’iPDE5 rétablit l’équilibre de la balance pro/anti-inflammatoire, caractéristique de la maladie.
Castanho Vaz, P., Noël, S., Dhooghe, B., & Leal, T. (2013). Le Vardénafil rétablit le déséquilibre pro/anti-inflammatoire des macrophages dans la mucoviscidose. 14ème colloque des jeunes chercheurs de la Mucoviscidose, Paris, France. https://hdl.handle.net/2078.5/86744