Ces mots qui disent ‘ce que nous sommes’. Le français au Grand-Duché de Luxembourg
Francard, Michel
(2014) nos cahiers — Vol. 4, p. 31-48 (2014)
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Francard, MichelUCLouvain
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À l’opposé du principe d’unilinguisme territorial que son voisin belge a érigé en tabou institutionnel, le Grand-Duché de Luxembourg a fait le pari du multilinguisme. Il consacre ainsi une situation séculaire de contacts entre les mondes latin et germanique, d’où émerge une synthèse originale (« Mir wëlle bleiwe wat mir sinn ») qui rend ce pays non seulement attachant, mais intensément ouvert à l’univers qui l’entoure . Les contacts linguistiques séculaires entre latinité et germanité, outre qu’ils ont contribué à forger une identité luxembourgeoise revendiquée, ont donné naissance à des pratiques langagières spécifiques. Celles-ci, pour ce qui concerne le domaine roman, ont fait l’objet d’assez nombreuses publications, dans lesquelles les romanistes ont octroyé une place de choix à l’influence des langues régionales (wallon, lorrain) sur le luxembourgeois . Le français semble avoir moins retenu l’attention des spécialistes , du moins pour l’époque contemporaine. Cette contribution illustre le français tel qu’il est pratiqué aujourd’hui au Luxembourg, dans le seul domaine du lexique. Avec la prononciation – qui est aussi le lieu d’intéressantes observations – les luxembourgismes sont une des voies privilégiées pour appréhender la variété de français en usage au Grand-Duché. Nous les envisageons, non sous un angle prescriptif, mais avec la préoccupation d’identifier ce qui caractérise en propre le français d’une marge de la francophonie qui se vit – à l’instar de bien d’autres communautés francophones – comme « périphérique » par rapport au centre de l’Hexagone et à la norme « de référence ». Un français qui n’est pas une langue maternelle, mais qui est très présent, tant dans les pratiques individuelles que dans la vie sociale.
Francard, M. (2014). Ces mots qui disent ‘ce que nous sommes’. Le français au Grand-Duché de Luxembourg. nos cahiers, 4, 31-48. https://hdl.handle.net/2078.5/188337 (Original work published 2014)