Du rite dans la fiction au rite de la fiction. Le Fils du roi, de Michel Henry

Lambert, Jérémy
(2013) Les Lettres Romanes — Vol. 67, n° 1/2, p. 61-71 (2013)

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  • Lambert, JérémyUCLouvain
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Le roman Le Fils du roi, publié par le philosophe Michel Henry en 1981, met en scène la vie d’une institution psychiatrique, bouleversée par l’arrivée d’un jeune patient du nom de José. Récit « christique », le texte narre le renversement de la structure sociale préexistante, qui promeut alors une singularisation exogène de l’individu, conception mortifère car figée de l’ipse, au profit d’un nouvel ordre établi, de type rituel, fondé sur une construction dynamique de l’identité par l’entremise d’un partage s’opérant dans le cadre de ce que Michel Henry appelle la « communauté pathétique ». Mais, plus qu’un simple prétexte romanesque, le rite constitue pour le philosophe l’objet d’un questionnement fondamental : celui de la pratique rituelle induite par la fiction. Ancrée sur une double ritualité définie par les actes d’écriture et de lecture, la littérature représente pour Michel Henry une possibilité essentielle de négociation dynamique de l’identité du sujet. Lieu d’une intersubjectivité constituante, l’œuvre littéraire convoque simultanément la formation d’une « communauté interprétative » (Stanley Fish) de « lectants » (selon la terminologie de Vincent Jouve) qui l’intellectualisent et une « communauté pathétique » de « lus » qui y adhèrent par le biais d’une affectivité immédiate.
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Citations

Lambert, J. (2013). Du rite dans la fiction au rite de la fiction. Le Fils du roi, de Michel Henry. Les Lettres Romanes, 67(1/2), 61-71. https://doi.org/10.1484/J.LLR.1.103359 (Original work published 2013)