Les pathologies cardiovasculaires (CV) sont la cause principale de mortalité après transplantation rénale, rendant compte de 40 à 55% de tous les décès. La littérature sur le sujet dans la population générale, chez les dialysés et les insuffisants rénaux chroniques est vaste. Curieusement, l’étude des pathologies CV et de ses facteurs de risque a été plus limitée chez le transplanté rénal. Ce travail a donc pour but de mieux comprendre les interactions et inter-relations entre différents facteurs de risque cardiovasculaires classiques et moins classiques dans une population de transplantés rénaux. Pour ce faire, nous avons commencé par une étude transversale où chaque patient a subi plusieurs examens le jour d’inclusion. Tous les patients ont ensuite été suivis prospectivement. Trois cents patients ont accepté de participer à l’étude. Cette cohorte est composée de 61 % d’hommes, 99% de caucasiens et de 15% de diabétiques. L’âge moyen est de 53 +/- 13 ans, le temps de transplantation moyen est 8 +/- 7 ans, la filtration glomérulaires (MDRD estimée) moyenne est de 56 +/- 24 ml/min/1.73 m² et le temps de dialyse moyen de 2.4 +/- 2.4 ans. Nous avons d’abord étudié les calcifications vasculaires à l’aide d’un scanner spiralé et avons montré que la prévalence des calcifications coronaires et aortiques est substantielle, 81 et 85 % respectivement. Nous avons mis en évidence des facteurs prédictifs indépendants communs aux 2 types de calcifications : l’âge, le temps de dialyse, les antécédents CV, les transplantations multiples et un antécédent de tabagisme. Les autres déterminants des calcifications coronaires étaient le sexe masculin, l’utilisation actuelle de statines et un antécédent parathyroïdectomie alors que pour les calcifications aortiques, ils incluaient la pression pulsée, le temps total sous MMF et l'utilisation actuelle d’anti-vitamine K. Deuxièmement, nous avons souligné le rôle pronostique des calcifications coronaires, celles-ci supplantant tous les facteurs de risque CV classiques en étant le prédicteur le plus puissant de mortalité (toutes cause confondues) (n=15) et d’événement CV fatals et non fatals (n=31). La troisième partie a été consacrée aux taux de BNP et à ses déterminants. Nous avons mis en exergue la prévalence non négligeable de taux de BNP pathologiques et avons démontré l’impact nocif de la rigidité artérielle, de la microinflammation et du temps passé en dialyse. Enfin, notre travail s’est également penché sur l’identification des fumeurs actifs, identification qui devrait commencer par un questionnaire sur le passé tabagique et si ce dernier est positif, réaliser un dosage de cotinine sérique. En effet, jusqu’à 34% des fumeurs actifs n’avouent pas qu’ils le sont et manquent dès lors l’occasion éventuelle de profiter c’un programme de cessation du tabagisme ? Ces études nous révèlent des déterminants clés, connus pour certains et inattendus pour d’autres, de complications CV et nous offrent quelques perspectives pour améliorer notre compréhension et prise en charge des pathologies CV chez le transplanté rénal