Organiser ses cours, s’organiser pour les cours : l’évolution de l’espace personnel d’apprentissage induit par l’entrée à l’université

(2014) Colloque Francophone International sur la Formation Supérieure à l’Ère du Numérique : E-learning 3.0 : quel avenir pour la formation supérieure ? — Location: Université de Genève (17.October.2014)

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En arrivant à l’université, les étudiants doivent apprendre à gérer de grandes quantités d’information (notes de cours, horaires, courriels, travaux, listes de tâches, contacts, etc.) relatives à leur curriculum. Ces informations sont consultées et manipulées dans des contextes de plus en plus fragmentés suite à la multiplication des applications et des appareils mobiles [1]. De plus, les tâches qu’ils doivent réaliser nécessitent souvent une coordination avec d’autres étudiants autour d’objets médiatiques dont la dimension sociale se complexifie. Dans ce contexte, la compétence à organiser ces informations de façon à pouvoir les utiliser ultérieurement devient fondamentale [2]. Cette compétence en organisation correspond à la capacité à imaginer des structures pertinentes et à les implémenter à l’aide d’outils matériels ou logiciels [3]. Dans les usages, cette compétence à organiser s’actualise aussi bien dans des activités de recherche, que de gestion des flux d’informations, ou de stockage [4]. Cette recherche a pour objectif de décrire cette compétence au départ de l’observation des pratiques de création d’environnements d’apprentissage personnels par les étudiants [5]. Elle examine également en quoi l’intensité et la variété de l’utilisation des technologies numériques influent sur son développement. Pour ce faire, une série d’interviews exploratoires ont été réalisées avec des étudiants (N=11), avant et après leur entrée à l’université. Ces entretiens font apparaître que les plus compétents sont ceux les mieux capables de percevoir, d’adopter et de modifier les affordances [6] offertes par leur environnement et ceux les plus à même de développer un discours réflexif quant à leurs propres pratiques. Les stratégies adoptées pour faire face aux besoins informationnels induits par l’entrée à l’université sont variées et témoignent d’une diversité des pratiques d’organisation. Elles témoignent également de l’écart existant entre les niveaux de compétence des individus, situant la recherche dans la problématique de la fracture numérique de second degré [7]. [1] W. Jones and J. Teevan, Personal Information Management. Seattle and London: University of Washington Press, 2007. [2] S. Hardof-Jaffe, A. Hershkovitz, H. Abu-Kishk, O. Bergman, and R. Nachmias, “How do students organize personal information spaces?,” in EDM, 2009, pp. 250–258. [3] P. Fastrez, “Quelles compétences le concept de littératie médiatique englobe-t-il? Une proposition de définition matricielle,” Recherches en Communication, vol. 33, pp. 35–52, 2010. [4] W. Jones, Keeping Found Things Found: The Study and Practice of Personal Information Management, 1st ed. Burlington, MA: Morgan Kaufmann, 2008. [5] G. Attwell, “Personal Learning Environments-the future of eLearning?,” eLearning Papers, vol. 2, no. 1, pp. 1–8, 2007. [6] D. A. Norman, The Design of Everyday Things. New York: DOUBLEBAY, 1990. [7] E. Hargittai, “Second-level digital divide: Differences in People’s Online Skills,” First Monday, vol. 7, no. 4, Apr. 2002.
Affiliations

Citations

Jacques, J. (2014). Organiser ses cours, s’organiser pour les cours : l’évolution de l’espace personnel d’apprentissage induit par l’entrée à l’université. Colloque Francophone International sur la Formation Supérieure à l’Ère du Numérique : E-learning 3.0 : quel avenir pour la formation supérieure ?, Université de Genève. https://hdl.handle.net/2078.5/185784