Cette communication étudie une réécriture contemporaine de la Conquête par un auteur mexicain, Homero Aridjis (Mexico, 1940) : dans "1492. Mémoires du Nouveau Monde" (1988), il fait une lecture inversée de l’Histoire par le bas, c’est-à-dire par les yeux d’un narrateur de basse extraction, juif converti, qui s’embarque pour le Nouveau Monde aux côtés des grands personnages de l’Histoire –Christophe Colomb et Hernán Cortés– et donne au lecteur la possibilité de toucher du doigt l’interpénétration de différentes couches culturelles – l’Histoire universelle, l’histoire personnelle, la culture rationnelle occidentale, la culture ‘magique’ précolombienne –, à l’image du syncrétisme vécu par les indigènes et les conquistadors lors de la « conquête spirituelle du Mexique par les Espagnols » . Aujourd’hui encore, le Mexique est marqué par la « survivance d’un monde magique » peu à peu détruit par « les assauts de la globalisation », destruction qui a commencé en 1519, lors de l’arrivée de Hernán Cortés au Mexique. L’auteur présente sous forme historique – documentation fournie, vocabulaire de l’époque – un mélange d’historicité et de fantastique narré par un personnage dont la voix éclate et se disperse en une multiplicité de points de vue. J'étudie donc le lien entre syncrétisme culturel, hybridité générique et polyphonie narrative.
Pagacz, L. (2012). Le syncrétisme culturel dans “Memorias del Nuevo Mundo” de Homero Aridjis. Syncrétisme : échec ou promesse d’inculturation ?, Louvain-la-Neuve. https://hdl.handle.net/2078.5/219309