La compression pneumatique intermittente (CPI) permet d'obtenir une action phlébotrope. Elle réduit la stase veineuse, élève le tonus veineux, réduit le volume de séquestration sanguine déclive, diminue la pression veineuse, diminue la perméabilité capillaire et augmente l'activité lymphagogue par résorption et transport de l'oedème. Son domaine d'action peut se résumer à trois pôles principaux : la prévention des thromboses veineuses profondes (TVP), le traitement des IVC et la réduction des oedèmes. Depuis sa conception, la CPI est présentée comme une méthode des plus efficaces dans la prophylaxie des TVP. Ici, il n'est pas toujours besoin d'utiliser un matériel très sophistiqué. Une simple pompe à chambre unique suffit. Il n'en va plus de même pour les IVC et surtout les oedèmes : un minimum de 6 compartiments est requis. La valeur de la compression à exercer varie selon de nombreux facteurs mais, pour la plupart des IVC, chez un malade couché, une pression de 40 mmHg suffit. Cette valeur peut être appliquée sur toute la hauteur du membre sans réduction progressive (gradient de pression négatif). Pour toute IVC, l'onde de pression doit débuter par la périphérie (onde antérograde). L'inflation peut être relativement lente (35 secondes), la déflation courte et un nouveau cycle démarré après quelques secondes de repos. Plus le problème circulatoire est important, plus une action en profondeur – au niveau hypodermique et musculaire – est nécessaire. Dans ces cas, en plus de l'élévation de la pression, une réduction de la séquence de compression assure un meilleur rendement. Pour faciliter l'approche des différentes formes d'IVC, certaines CPI à protocoles pré-programmés offrent une grande flexibilité tout en restant simples et faciles d'emploi. Le choix du programme peut alors se résumer à la sélection du type de phlébopathie diagnostiquée : jambes lourdes, varicosités, varices, ulcère veineux actif ou non… Un de ses atouts est de pouvoir réaliser une étroite vague de pression par une sorte d'effleurage pneumatique : le dégonflement progressif des chambres distales évite le reflux sanguin, inévitable avec le matériel de base classique.
Theys, S. (2007). La compression pneumatique intermittente : le phlébotrope de la nouvelle nomenclature ? Phlebologie, 60(2), 129-134. https://hdl.handle.net/2078.5/120520 (Original work published 2007)