Quand il cherche à délimiter des entités discrètes au sein de pratiques linguistiques toujours hétérogènes, le linguiste est souvent confronté à des difficultés théoriques et méthodologiques. Au rang de celles-ci figure la question du rapport entre pratiques et représentations ou attitudes linguistiques : en effet, lorsqu’il s’agit par exemple de circonscrire une variété de langue faisant office de norme endogène, le chercheur se doit de tenir compte tant des pratiques que des représentations linguistiques, alors qu’il n’y pas nécessairement de congruence entre ces deux réalités, comme les sociolinguistes l’ont montré à plusieurs reprises. Des évolutions récentes dans le rapport que les Wallons francophones entretiennent avec leurs particularités linguistiques expliquent que des réflexions sur l’émergence d’une norme endogène en Wallonie apparaissent depuis quelques années, à partir d’approches variées. Après avoir défini le concept de norme endogène, nous tentons de réévaluer la question de la norme endogène en Wallonie romane, en mettant en lien les attitudes et les pratiques linguistiques des francophones de Wallonie et en nous fondant sur des recherches récentes concernant les régionalismes phonétiques et lexicaux.
Hambye, P., & Francard, M. (2008). Normes endogènes et processus identitaires. Le cas de la Wallonie romane. In Claudine BAVOUX, Lambert-Félix PRUDENT et Sylvie WHARTON (ed.), Normes endogènes et plurilinguisme. Aires francophones, aires créoles. (p. p. 45-60). ENS éditions. https://hdl.handle.net/2078.5/153321