Henri Michaux et le cinéma. De la dissolution des formes de la pensée sous l'emprise de la drogue, à la dissolution des frontières génériques de la poésie et de l'essai

(2016) ““Henri Michaux et le cinéma. De la dissolution des formes de la pensée sous l’emprise de la drogue, à la dissolution des frontières génériques de la poésie et de l’essai”, communication présentée dans le cadre de la Journée d’études “Que fait le cinéma aux genres littéraires ?” organisée sous la direction de Nadja Cohen (FWO/ KU Leuven) et Jan Baetens (KU Leuven) du groupe MDRN, avec la participation de Michel Delville (ULG). — Location: KU Leuven (18.October.2016)

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Assignant à l’écriture une fonction exploratoire (il s’agit de figurer les flux corporels et ce « film » rapide d’images et de mots qu’est la pensée), Henri Michaux a toujours manifesté sa défiance envers les genres littéraires : parce qu’elle est l’instrument d’une interrogation active des mouvements du corps et de la pensée, l’écriture doit échapper à « toute forme qui pourrait l’enserrer et l’immobiliser » , c’est-à-dire en faire un objet de convention. Ainsi Michaux s’est-il essayé à tous les genres (poétique, narratif, essayistique…) en prenant chaque fois soin d’en déplacer les limites – ceci témoignant de sa volonté d’écrire contre les genres. En revanche, l’art cinématographique est une référence constante dans son œuvre – et même un modèle esthétique, auquel il a mesuré ses productions picturales (le dynamisme des peintures et dessins est comparé à l’image-mouvement du cinéma), mais aussi ses écrits, dès les années vingt. L'intervention a porté sur la dissolution des frontières génériques qu’opère Michaux dans les recueils de poèmes, récits et fragments essayistiques liés à son expérience de la drogue, dissolution mise en relation avec la multiplication des références au cinéma qu'on trouve dans ces textes. On retrouve en effet dans ceux-ci ce que Benoît Turquety considère être la caractéristique d’une présence cinématographique dans une oeuvre poétique, à savoir « une forme particulière de déroulement temporel, de jeu d’écoulement et de fracture, de mobilité et d’arrêt, une progression profondément dialectique, caractérisée par l’à-coup, le heurté » (Turquety, 2006). Nous avons développé cette question en démontrant que les caractéristiques de cette redéfinition de l’écriture poétique, qui prend le déroulement des images cinématographiques comme modèle (parce qu’il correspond le mieux au mouvement réel de la pensée), concernent également l’écriture des comptes rendus et des fragments d’essai qui encadrent les poèmes en question. À la dissolution des formes de la pensée sous l’emprise de la drogue (voir à ce propos le bel ouvrage d’Évelyne Grossman, La Défiguration), répond ainsi une dissolution des frontières génériques de la poésie et de l’essai. Bibliographie indicative : COHEN, N. (2013). Les Poètes modernes et le cinéma (1910-1930), Paris : Classiques Garnier. EPSTEIN (J.) (1921). La poésie aujourd’hui, un nouvel état d’intelligence. La Sirène : Paris. GORDON, R. B. (2013). De Charcot à Charlot. Mises en scène du corps pathologique. Rennes : Presses Universitaires de Rennes. Halpern, A.-E. (2016). Michaux et le cinéma. Paris, Nouvelles Editions Jean-Michel Place. JENNY, L. La fin de l’intériorité. Théorie de l’expression et invention esthétique dans les avant-gardes françaises (1885-1935). Paris : Presses universitaires de France. TURQUETY, B. (2006). « L’image-arrêt. Pound, Zukofsky, Mallarmé, Huillet et Straub : poésie cinéma », dans Fabula-LhT, n°2, Ce que le cinéma fait à la littérature (et réciproquement) : URL : http://www.fabula.org/lht/2/turquety.html
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Citations

Gillain, N. (2016). Henri Michaux et le cinéma. De la dissolution des formes de la pensée sous l’emprise de la drogue, à la dissolution des frontières génériques de la poésie et de l’essai. ““Henri Michaux et le cinéma. De la dissolution des formes de la pensée sous l’emprise de la drogue, à la dissolution des frontières génériques de la poésie et de l’essai”, communication présentée dans le cadre de la Journée d’études “Que fait le cinéma aux genres littéraires ?” organisée sous la direction de Nadja Cohen (FWO/ KU Leuven) et Jan Baetens (KU Leuven) du groupe MDRN, avec la participation de Michel Delville (ULG)., KU Leuven. https://hdl.handle.net/2078.5/181243