Régler son compte au Diable

(2016) Pastoralia : bulletin de l’Archiodèse de Maline-Bruxelles — Vol. 5, n° 2, p. 26 (2016)

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« Faut-il en finir avec le Diable ? » À cette question il semble que la théologie et la pastorale, d’une seule voix, aient déjà répondu positivement si l’on en juge à l’absence presque complète de référence au démon dans ces discours. On peut trouver de bonnes raisons à ce silence un peu gêné et rarement explicité. Quand on ouvre la Bible, surgit un premier étonnement : c’est le Nouveau Testament, non l’Ancien, qui fait du Diable le représentant du mal radical et l’adversaire résolu de Dieu. Deuxième étonnement : le Nouveau Testament ne se contente pas de « diaboliser » le Démon, il le mentionne à de nombreuses reprises et s’obstine à décrire les progrès du Royaume de Dieu sous les traits d’un combat rude, acharné et finalement victorieux contre les puissances du mal. Troisième étonnement : ce n’est pas seulement la tradition apostolique qui recourt ainsi généreusement à la figure du Diable mais encore la littérature théologique et spirituelle des deux millénaires de christianisme. La question n’est plus « Faut-il en finir avec le Diable ? » mais « Peut-on se passer du Diable ? ». Sans doute pas, tant il est vrai que le mystère de la foi et le monde tel qu’il va semblent moins incompréhensibles avec la figure du Diable que sans elle. « Le démon pour raison garder » comme l’écrit A. Gesché, c’est-à-dire une raison qui renonce à l’angélisme pour penser le monde tel qu’il est et, peut-on ajouter, une foi qui regarde en face la réalité du combat par lequel le Crucifié nous a acquis la liberté.
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Bourgine, B. (2016). Régler son compte au Diable. Pastoralia : bulletin de l’Archiodèse de Maline-Bruxelles, 5(2), 26. https://hdl.handle.net/2078.5/94926 (Original work published 2016)