En Belgique, en Fédération Wallonie-Bruxelles, environ 1000 mineurs font chaque année l’objet d’une mesure de placement en IPPJ/de privation de liberté décidée par le Tribunal de la jeunesse. Ces mineurs ont commis « un fait qualifié d’infraction » c’est-à-dire une infraction qui, si elle avait été commise par un adulte, aurait pu donner lieu à une peine de prison. La durée de ces mesures peut être variable (de 15 jours à plusieurs années) tout comme le régime de l’enfermement (ouvert ou fermé). En principe, la privation de liberté ne peut intervenir qu’en dernier ressort, dans des circonstances exceptionnelles et uniquement pour la période la plus courte possible.Quelle réinsertion pour ces mineurs ayant été privés pour des périodes plus ou moins longues de liberté ? A quelles conditions, quels en sont les adjuvants et les obstacles ? De nombreux acteurs concourent à la mise en oeuvre de ces mesures de d’enfermement et aux processus de sortie et de resocialisation. Le tribunal de la jeunesse, les services de protection judiciaire, les IPPJ, les Services d'Accompagnement, de Mobilisation intensifs et d'Observation (SAMIO), des services d’appui post-institutionnels (API), et une quantité de services privés (agissant sur ou sans mandat). Le processus de réinsertion concerne également évidemment les acteurs des institutions ordinaires : l’école en cas de reprise ou de poursuite de la scolarité, les CPAS lorsqu’ils sont amenés à intervenir financièrement, les maisons de jeunes, les services d’aide en milieu ouvert (AMO), les clubs sportifs, et bien d’autres encore. Comment ces acteurs travaillent-ils « en réseau » dans la mise en oeuvre et l’accompagnement du processus de réinsertion ? Quelles sont les difficultés rencontrées dans les collaborations ? Quels sont les facteurs permettant d’améliorer l’efficacité et la qualité du travail en réseau, les situations concrètes et les obstacles auxquels ces acteurs sont confrontés ainsi que les facteurs facilitant l’aboutissement d’une réinsertion réussie.
Franssen, A., & Grandfils, S. (2018). Les collaborations dans le processus de réinsertion des mineurs ayant été privés de liberté. https://hdl.handle.net/2078.5/170965