Urban policies and precarious housing condition of Roma migrants in Italy. The example of Turin

(2014) ANR Marges Workshop Urban Policy and the production of Socio- Spatial Inequalities in the Mediterranean in Neoliberal Time — Location: Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain, Tunis

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L’objet de cette communication porte sur l’habitat précaire des « Roms migrants », originaires de l’Europe centrale et migrants vers les villes de l’Europe occidentale (Legros, 2010), et sur les politiques publiques qu’y sont adressées, à travers l’analyse des cas de Turin et Marseille. A partir d’une recherche au sujet des processus de marginalisation socio-spatiale, qui s’interroge sur la marginalité comme ressource pour les populations en situation précaire, le but sera ici, en particulier, de mettre en évidence les aspects paradoxales de politiques en direction des Roms migrants et, à travers ceci, d’abordé une réflexion autour de ce que « marginale » signifie dans ce cadre. Les deux villes sont marquées aujourd'hui par des programmes et des interventions urbaines visant à la transformation de sites industriels désaffectés et à la régénération de quartiers défavorisés (à savoir le projet Euroméditerranée à Marseille : Bertoncello & Dubois, 2010; et le programme Urban III Barriera di Milano à Turin) qui provoquent le déplacement, voir l’expulsion, des populations les plus démunies ainsi que la production des nouvelles conditions de marginalité. Au même temps, les migrants en situation précaire – ici, les Roms migrants – viennent s’installer, très souvent de manière illégale, dans les parties des villes moins valorisées (Revelli, 1999), voir les marges urbaines (Wacquant, 2007): bâtiments vides, friches industrielles, terrains vagues, qui peuvent se trouver dans le centre comme en périphérie et qui représentent pour eux le première point d’ancrage dans le ville. D’auprès la recherche menée dans le cadre de l’ANR/Marges, notre analyse concerne les formes de production de la marginalité par les pouvoirs publics et, de l’autre côté, les formes d’utilisation, voir mobilisation, de la marginalité par les migrants en situation précaire. En particulier, on essayera de montrer comment les politiques urbaines (Fareri, 2009) (non pas seulement les politiques en direction des Roms ou les politiques de réglementation de la pauvreté) utilisent à leur avantage la marginalité sociale et spatiale, comment elles «consomment» les marges tout en les contrôlant et en les utilisant comme une soupape de décharge pour les tensions sociales (Lautier, 2006). Au même temps, les Roms migrants mobilisent les politiques et les actions publics qui les affectent – plus ou moins directement- en révélant leurs contradictions et paradoxes. Les réponses institutionnelles que les pouvoirs publics mettent en place vers ces populations ne sont pas toujours expression d’une stratégie cohérent, à la fois exerçant contrôle (à travers les campi nomadi autorisés, à travers des corps spécial de police, etc.), expulsion (destruction des bidonvilles, reconduites à la frontière), intégration (insertion scolaire pour les enfants, insertion au travail pour jeunes femmes, insertion au logement, etc.). A coté de celles-ci, il faut aussi prendre en compte les non-politiques et leurs effets: les choix d’éviter les expulsions des campements illicites, de laisser les Roms rester dans les bidonvilles, de leur accorder des services sociaux, de santé, d’accompagnement aux enfants (c’est le cas de Turin), sont-ils réellement visés à l’intégration? C’est dans ces « espaces politiques incertaines » que les Roms migrants peuvent trouver des ressources : à Turin, une ambulance stationne près du bidonville pour empêcher que les Roms envahissent les hôpitaux mais au même temps leur fournit un « service à domicile » ; les travailleurs sociaux accompagnent les adultes à inscrire leurs fils à l’école pour augmenter la scolarisation des enfants, ce faisant ils donnent aux Roms un certain pouvoir de négociation (si on n’est pas accompagnés, nos fils ne seront pas inscrits à l’école) ; l’aide au retour volontaire a permis à nombreuses familles Roms de se payer un voyage d’aller et retour pour leur pays d’origine ; etc.. Analyser la marginalité comme ressource permettra de saisir son caractère multiple (elle peut s’articuler comme un objet matériel, immatériel, comme une relation entre différents sujets) ; pluriel (elle dépende des sujets, de la manière dont ils la mobilisent) ; éphémère (on la produit, on la consomme) ; temporaire (la marginalité n’est pas une condition définitive) ; potentiel (le devenir ouvre des possibilités). Cela permet, en fin, de dépasser le binôme marginale/non-marginale et de montrer les relations complexes qu’il y a entre les multiples dimensionnes urbaines.
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Rosa, E. c. (2014). Urban policies and precarious housing condition of Roma migrants in Italy. The example of Turin. ANR Marges Workshop Urban Policy and the production of Socio- Spatial Inequalities in the Mediterranean in Neoliberal Time, Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain, Tunis. https://hdl.handle.net/2078.5/167681