Le système français de formation des élites est couramment dénoncé pour sa relative fermeture aux élèves des milieux populaires. En réaction à cette critique, plusieurs grandes écoles ont mis en place des expérimentations d’« ouverture sociale » au début des années 2000. Suite à ces initiatives pionnières, les dispositifs se sont multipliés. Une fois posée par certains des acteurs dominants du champ, la question de l’ouverture sociale s’est en effet transformée en un enjeu de positionnement. L’analyse du processus de diffusion révèle ainsi la manière dont les établissements tentent, collectivement, de réaffirmer et de relégitimer la spécificité du modèle français de formation des élites tout en cherchant, individuellement, à améliorer leur positionnement relatif dans le champ des grandes écoles.
Buisson-Fenet, H., & Draelants, H. (2010). Réputation, mimétisme et concurrence : Ce que «l’ouverture sociale» fait aux grandes écoles. Sociologies Pratiques, 21(2), 67-81. https://doi.org/10.3917/sopr.021.0067 (Original work published 2010)