L’hyperparathyroidie primaire (HPP) est une affection fréquente, aujourd’hui découverte fortuitement dans plus de 50% des cas à l’occasion de la mise au point d’une hypercalcémie biologique. Le diagnostic de cette affection se base sur la mise en évidence concomitante d’une calcémie élevée, d’un taux de parathormone (PTH) élevé (80% des cas) ou normal (20% des cas), et d’une calciurie supérieure à 150 mg/24 heures. Ses principales complications restent osseuses (ostéopénie, ostéoporose fracturaire) et rénales (lithiase, néphrocalcinose), mais plusieurs études récentes ont bien mis en évidence que l’hyperparathyroidie primaire, même dite «asymptomatique», est responsable de divers symptômes altérant la qualité de vie du patient (fatigue, douleurs osseuses, constipation, troubles de la mémoire et de la concentration,…) et partiellement réversibles après correction chirurgicale. De plus, l’HPP s’accompagne fréquemment de calcifications cardiaques et vasculaires et confère de ce fait un risque de mortalité accru. La présence de ces diverses complications et l’amélioration des techniques chirurgicales incitent aujourd’hui à proposer la parathyroïdectomie à la majorité des patients porteurs de l’affection. Les examens préopératoires de localisation (principalement la scintigraphie de soustraction au MIBI-Tc99m combiné à l’iode123 et l’échographie) permettent de repérer la (les) parathyroïde(s) pathologique(s) dans 80 à 85% des cas. Lorsque ces examens sont concordants, une approche chirurgicale mini-invasive, vidéo-assistée ou focale, doit être envisagée. Combinée à la réalisation de dosages intraopératoires de PTH, la chirurgie parathyroïdienne moderne permet la guérison de l’HPP dans plus de 90% des cas avec une morbidité et une mortalité minim
Maiter, D., Coche, E., Jamar, F., Ketelslegers, J.-M., & Mourad, M. (2004). L’hyperparathyroïdie primaire : aspects cliniques et thérapeutiques. Louvain médical, 123(1), 5-13. https://hdl.handle.net/2078.5/156552 (Original work published 2004)