3. L'étude céramologique, in Neaud, Pascal (dir.) Sains-du-Nord, 13 rue du Docteur Chevalier : sur la voie des Romains : une rue antique du Haut-Empire : rapport de diagnostic- p. 44-48

(2013)

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Deux périodes chronologiques principales ont été mises en évidence lors de notre intervention, il s'agit des époques gallo-romaine et moderne/contemporaine. Deux ou trois phases gallo-romaines ont été repérées. La première phase se rapporterait aux faits en creux qui sont plutôt arasés. Toutefois, la question de leur utilité se pose. Entrent-ils dans la conception d'une terrasse pratiquée sur ce terrain pentu ? Si tel était le cas, un probable niveau de sol en cailloutis de schiste, sans lien stratigraphique direct, pourrait appartenir à cette première phase et correspondrait au sommet d'un palier. II n'est toutefois pas impossible que certains de ces faits soient contemporains de la rue, ils pourraient alors faire partie de l'infrastructure d'un plancher surélevé auquel on accéderait par un escalier. La seconde phase correspond à l'aménagement principal de l'époque gallo-romaine, une rue qui a sans doute modifiée la terrasse de l'éventuelle première phase. La date de sa construction est imprécise car le mobilier céramique récolté dans son niveau de préparation est attribuable à une période comprise entre le Ier et le IIIe s. Toutefois, un indice pourrait nous être fourni par l'assise de nivellement d'un trottoir qui est datée du IIIe s. C'est cette date que nous acceptons à titre provisoire car la rue ne semble pas avoir subit de réfection, mais il se peut, compte tenu des bornes chronologiques fixées par le mobilier céramique, qu'elle soit plus précoce et attribuable à la seconde moitié du IIe s. Parfaitement conservée, elle est large d'environ 2,60 m. La bande de roulement se compose d'un petit cailloutis de pierre bleue sur lequel deux ou trois ornières ont pu être repérées. Cette rue est bordée par deux trottoirs dont un particulièrement aménagé. En effet, il était probablement couvert par un portique à colonnade accolé à un mur qui peut être interprété de deux façons : soit il s'agit d'un mur de soutènement qui aurait remplacé l'infrastructure en bois de la terrasse ; soit nous sommes en présence d'un mur de bâtiment jouant aussi ce rôle. Quoiqu'il en soit il semble qu'un escalier permettait d'accéder depuis la rue au portique et/ou à un bâtiment dont la fonction nous échappe (boutique ?). La troisième phase est relative à la destruction par le feu de l'ensemble mis au jour au cours de la première moitié du IIIe s. Le mur aurait emporté dans sa chute les colonnes du portique. Le fait que les couches d'incendie et de démolition recouvrent directement la rue nous amène à penser que l'évènement a été violent et rapide. Le site est ensuite abandonné jusqu'à la période moderne et le terrain s'est lentement colluvionné. A l'époque moderne le terrain est divisé en deux par un mur et nivelé à l'aide d'un remblai dans lequel s'installe un drain. Au dessus de ce remblai un niveau de terre arable est ajouté afin que les parcelles servent de jardins. Durant la période contemporaine, peut-être à une époque très récente, le mur parcellaire est détruit et le terrain une nouvelle fois nivelé.
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Willems, S. (2013). 3. L’étude céramologique, in Neaud, Pascal (dir.) Sains-du-Nord, 13 rue du Docteur Chevalier : sur la voie des Romains : une rue antique du Haut-Empire : rapport de diagnostic- p. 44-48. https://hdl.handle.net/2078.5/251788