Ce premier volume d’Habiter. Cahiers transdisciplinaires a pour objectif d’examiner ce qui fait qu’un lieu est « habitable » ou, au contraire, ce qui le rend « inhabitable ». Neuf contributions, issues de différentes disciplines, abordent cette problématique et offrent plusieurs cas d’étude qui s’inscrivent dans différentes époques historiques et contextes géographiques. De la ville moderne aux métropoles contemporaines, des quartiers populaires de Naples et de Marseille, aux espaces publics à Bruxelles, Marseille ou Berlin, en passant par des projets de maisons en Pologne ou une prison pour mineurs, le volume décrit la subtile ligne qui sépare l’habitabilité de son contraire. La liste des espaces inhabitables proposée par Georges Perec au début des années 19701 – qui va de l’architecture du mépris et de la frime à l’esbroufe chiche des sièges sociaux, des bidonvilles aux couloirs du métro, des prisons aux espaces parcimonieux de la propriété privée – nous décrit bien comment se modifie cette ligne subtile en fonction de l’observateur. Un même espace peut être habitable pour certains et inhabitable pour d’autres. Il peut également être habité et défini inhabitable. Ce volume propose ainsi une lecture « transversale » de l’(in)habitable, à travers une pluralité de regards disciplinaires qui privilégient différents points d’observation pour questionner la relation entre l’habiter et la qualité spatiale qui est attribuée - ou pas - à un espace. Le rapport entre les pratiques des habitants et les modèles d’habitat, entre une perception du « dedans » et une perception de l'extérieur, peut apparaître contradictoire. Mais en effet que signifie pour certains habiter l’inhabitable ? Comment ces pratiques « impossibles » d’habiter sont-elles perçues de l’extérieur, et comment sont-elles planifiées ?