« "Trop plus me font mal qu’oncques mais barbe, cheveux, penil, sourcils" : (ca)pilosité, auctorialité et masculinité chez François Villon »

(2026) Le Moyen Age à poils (Questes, journées d’étude) — Location: Sorbonne Université, Paris, France (12.June.2026)

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En l’absence d’images fiables, c’est l’œuvre même de François Villon qui esquisse un portrait instable et déficitaire du poète. Les rares mentions de cheveux ou de pilosité y renvoient presque toujours à la perte ou à la souffrance, construisant une poétique de l’effacement qui fragilise la matérialité du sujet. Ces notations, loin d’être anecdotiques, participent pourtant à la singularisation de l’auctorialité villonienne : à rebours du modèle du clerc maîtrisé, la pilosité négligée ou mutilée signale une identité en marge, marquée par la pauvreté et l’exclusion. Ainsi, la (ca)pilosité devient un opérateur de désaffiliation : en matière d'auctorialité, mais aussi en ce qui concerne la question des masculinités. Villon se tient en effet à distance des masculinités cléricale et chevaleresque, et avec elles des formes dominantes de pouvoir symbolique. À l’inverse, on peut se demander si la tradition iconographique moderne, en "rechevelant" le poète, ne cherche pas à le "remasculiniser", gommant la marginalité que son œuvre met au cœur de sa posture poétique.
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Portal, L.-A. (2026). « “Trop plus me font mal qu’oncques mais barbe, cheveux, penil, sourcils” : (ca)pilosité, auctorialité et masculinité chez François Villon ». Le Moyen Age à poils (Questes, journées d’étude), Sorbonne Université, Paris, France. https://hdl.handle.net/2078.5/272099