(fr) Cette thèse vise à contribuer, par cette étude du cas sur la Somalie, au débat scientifique actuel relatif à l’impact des organisations terroristes (Al-Qaïda, Daech, Al-Shabaab, etc.) sur les États faillis. En effet, l’expression « État failli » a connu une très large diffusion dans les milieux politiques et académiques depuis une vingtaine d’années. Ensuite, la littérature sur les États faillis est devenue florissante et a produit une ambiguïté sur la définition même de ce concept. Les nouvelles menaces qui pèsent sur la sécurité internationale proviennent notamment des États dits « faillis » minés par des guerres civiles et qui sont motivées par le désir de sécession, la défense d’une identité menacée, l’ambition de contrôler les richesses du pays. La dynamique de la faillite de l’État est au cœur de la guerre contre le terrorisme. Privée d’un État qui fonctionne depuis 1991, la Somalie est citée pour exemple par l’ensemble de la communauté académique comme étant l’État « failli » par excellence, manifestant certains dangers à l’égard des États de la région. Les contours du champ de recherche sur les relations entre le terrorisme et des menaces sur la sécurité internationale commencent à se dessiner après les attentats du 11 septembre 2001. Ces préoccupations liées aux répercussions du terrorisme sur la sécurité ont généré un regain d’intérêt pour la Corne de l’Afrique et surtout la Somalie, qui est devenue une base arrière pour les groupes terroristes.