Nam sine fermento non exibit sol vel luna. Le ferment dans l'alchimie latine des xiie-xive siècles

(2026)

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(fr) À la fin du Moyen Âge, l’alchimie est à la fois une science et une technique, un art répandu dans toute l’Europe. Cette discipline, inconnue en Occident avant le XIIe siècle, se répand à partir de la péninsule ibérique et du sud de l’Italie par l’intermédiaire de traductions latines de textes arabes. L’art de transmuter les métaux pénètre alors en Europe et fleurit rapidement. Pas moins de 217 textes latins rédigés durant cette période sont parvenus jusqu’à nous. Cette thèse a été l’occasion de rassembler en un seul corpus cette production alchimique latine et de l’étudier sous le prisme de la notion clef de ferment. Alors que la moitié des textes du corpus mentionnent le ferment et que l’alchimie médiévale fait l’objet d’un intérêt croissant, le ferment alchimique n'avait jusqu'ici jamais fait l'objet d'une étude systématique. Nous en proposons la définition suivante : un ferment alchimique est tout ce qui transforme autre chose en sa propre nature, à la manière du levain. Il vise à transformer les métaux imparfaits (le plomb, par exemple) en métaux parfaits (l’or ou l’argent). Cette définition est le fruit d'une analyse guidée par plusieurs questions. Ces questions structurent les chapitres de cette thèse. Ainsi, le premier chapitre aborde l'histoire du terme latin "fermentum", ses significations et le sens précis qu'il acquiert sous la plume des alchimistes. Le deuxième chapitre est consacré aux différentes matières qui constituent le ferment. Le troisième chapitre interroge sa manière d'agir dans la préparation alchimique ainsi que ses effets. Le quatrième chapitre regroupe les recettes, les recettes de ferment d'une part et les recettes d'utilisation du ferment d'autre part. Enfin, un dernier chapitre examine les éventuelles utilisations médicales du ferment dans les textes alchimiques médiévaux. Par ailleurs, l’étude approfondie du ferment a mis au jour un vaste réseau d’emprunts et de citations entre les textes du corpus. Ces liens sont étudiés au fil des pages. L'ensemble de la thèse propose en définitive une exploration du concept de ferment nuancée et circonstanciée et montre qu'il constitue une clef de lecture centrale - et jusqu'ici négligée - de la tradition alchimique latine médiévale. Elle offre également une étude rigoureuse des textes alchimiques latins des xiie-xive siècles. Le deuxième volume de la thèse peut à cet égard se révéler particulièrement utile, puisqu'il reprend une identification des 217 textes lus pour la thèse ainsi que de brèves notices sur les textes plus amplement utilisés.
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Citations

Moenaert, D. (2026). Nam sine fermento non exibit sol vel luna. Le ferment dans l’alchimie latine des xiie-xive siècles. https://hdl.handle.net/2078.5/276508