(fr) Deux inscriptions métrologiques datées des quinze dernières années du IIe s. permettent de structurer notre connaissance de la métrologie monétaire et pondérale en Grèce continentale à la basse époque hellénistique. D’une part, un célèbre décret amphictionique (CID IV, 127) impose à tous les Grecs l’usage de l’étalon d’argent attique (drachme de 4,35 g). Ce faisant, l’Amphictionie pyléo-delphique renonce à l’étalon d’argent symmachique (drachme de 2,90 g) traditionnellement utilisé en Grèce centrale et au sein de l’Amphictionie elle-même, comme l’atteste encore le dossier épigraphique du « scandale de c. 117 » (CID IV, 118-119). Cette décision modifie considérablement les habitudes comptables du IIe s., telles que nous les connaissons au travers des redditions de comptes de l’hipparque Pompidas à Thèbes (IG VII, 2426) et de l’agonothète Damôn à Délion (SEG LVII, 452). D’autre part, un décret athénien relatif aux poids et mesures (IG II-III², 1013) prescrit l’augmentation de la masse de la mine commerciale (μνᾶ ἐμπορική) de 138 à 150 drachmes de l’étalon d’argent attique stéphanéphore. Cette augmentation de l’étalon pondéral athénien (de 600,30 g à 652,50 g) est effectivement attestée par les poids commerciaux. Plus fondamentalement, la modification du ratio bronze–argent sous-jacente à cette réforme métrologique (de 137,5:1 à 150:1) implique une réorganisation importante de l’étalon attique : la drachme « du bronze » attique est réévaluée de 3,15 g à 2,90 g, pour coïncider avec l’ancienne drachme « de l’argent » symmachique.
Doyen, C. (2017). Réformes métrologiques grecques à la fin du IIe s. : pour une réévaluation de l’influence romaine. In Charles Doyen (ed.) (ed.), Étalons monétaires et mesures pondérales entre la Grèce et l’Italie (pp. 187-208). Association Professeur Marcel Hoc. https://hdl.handle.net/2078.5/195624