Cette présentation examine les tensions entre les études de genre et les études religieuses, en mettant en lumière les défis théoriques et méthodologiques de leur interdisciplinarité. L’analyse débute par une réflexion sur l’intégration des perspectives de genre dans les sciences des religions, retraçant l’évolution historique des contributions féministes. L’absence de la religion dans les théories féministes et intersectionnelles est attribuée à un héritage libéral-séculier, qui associe souvent religion et oppression. Cette marginalisation est renforcée par une racialisation de la religion, qui essentialise certains groupes comme « l’autre » du féminisme occidental. En parallèle, des approches contemporaines, comme celles de Saba Mahmood sur l’agentivité, remettent en question les présupposés libéraux en valorisant des subjectivités croyantes. Cette présentation souligne la nécessité de repenser les théories intersectionnelles pour intégrer les expériences religieuses sans les opposer systématiquement à des notions de progrès ou d’émancipation. Ces réflexions appellent à une reconsidération des normes analytiques pour inclure des subjectivités plurielles et contextuelles.
Manuel, J. (2023). Réflexions critiques sur l’interdisciplinarité des études de genre au regard de la religion. Séminaire Genre et Religion, Université Libre de Bruxelles. https://hdl.handle.net/2078.5/272640