De nombreuses études ont montré que des troubles cognitifs légers chez les personnes âgées (« mild cognitive impairment » dans la littérature anglo-saxonne), même d’apparence mineure, ont un potentiel élevé d’évolution vers une démence, en particulier de type Alzheimer. <BR> Notre recherche a eu pour but de déceler des déficits cognitifs ou des modifications biologiques chez des patients âgés présentant des troubles cognitifs légers afin de prédire une évolution péjorative vers la démence d’Alzheimer. <BR> On sait que les troubles de mémoire pour les faits récents sont fortement liés à la présence de la maladie d’Alzheimer au stade débutant. La manière d’évaluer la mémoire épisodique (mémoire des événements vécus) est importante pour une détection optimale du déficit d’apprentissage d’une nouvelle information, lié à l’atteinte précoce des structures hippocampiques, caractéristique de la maladie d’Alzheimer. Nous avons montré qu’un test de mémoire épisodique basé sur le contrôle des phases d’apprentissage et de rappel est tout aussi sensible mais plus spécifique dans la détection de la maladie d’Alzheimer débutante que les tests classiquement utilisés dans ce contexte. <BR> Des études récentes ainsi que des prédictions venant de modèles théoriques suggèrent que la mémoire pour les évènements passés pourrait aussi être déficitaire dans la maladie d’Alzheimer débutante. Nous avons étudié cet aspect chez les malades Alzheimer et chez certains sujets présentant des troubles cognitifs légers. Nous avons montré qu’ils étaient tout aussi déficitaires dans le rappel des évènements passés que dans celui des évènements récents, alors que le rappel de l’information personnelle de type sémantique était comparativement moins atteint. Ceci va à l’encontre de ce que nous avons constaté chez un sujet atteint d’une aphasie progressive dégénérative de forme fluente (connue aussi sous le nom de démence sémantique). <BR> Finalement, nous avons répliqué sue une population indépendante des données récentes de la littérature concernant la valeur diagnostique de la protéine TAU et de l’amyloïde Β42 dosés dans le liquide céphalo-rachidien pour distinguer les patients atteints de la maladie d’Alzheimer dés le stade de troubles cognitifs légers. Nous avons montré que le taux de protéine TAU dans le liquide céphalorachidien est corrélé avec le degré d’atteinte de la mémoire épisodique. De plus, le taux d’amyloïde Β42 est un meilleur prédicteur de l’évolution vers la maladie d’Alzheimer endéans les 20 mois pour les sujets présentant des trubles cognitifs légers