Le fonds photographique de Pierre Albert-Birot, déposé à l’IMEC, est d’une grande richesse, mais sa diversité ne va pas sans poser de nombreux problèmes à qui envisage de l’utiliser pour approfondir la connaissance du poète et de son œuvre. Pierre Albert-Birot a en effet commencé à photographier au tout début du XXe siècle pour garder une trace de son œuvre plastique, puis il a pendant quelque temps retourné son appareil contre lui-même, dans les mêmes années qu’il s’est découvert « poète ». Photographe photographié, alors qu’il ne prenait plus lui-même d’image, il s’est ensuite plu à poser pour d’autres, participant en tant que sujet autant qu’objet à la construction de sa posture littéraire. Que peut alors tirer un chercheur en littérature des images de son œuvre sculptée, des portraits de studio de l’entre-deux-guerres, des séries de photographies amateur témoignant de sa vie d’homme de lettres dans les années 1950 et 1960, ou encore des nombreuses photographies personnelles dont il s’entourait ? Ce texte entend prendre Pierre Albert-Birot comme un cas d’étude pour développer une réflexion méthodologique sur les archives visuelles d’un écrivain. Je partirai d’une photographie stéréoscopique ancienne où on le découvre buvant le thé devant la cheminée tout en consultant un album photo, pour ensuite tirer les fils d’une collection de photographies aussi hétéroclite que les usages que fit du medium cet écrivain singulier.
Reverseau, A. (2019). Pierre Albert-Birot, le photographe photographié et ses archives. In Carole Aurouet et Marianne Simon-Oikawa (dir.) (ed.), Pierre Albert-Birot. Un pyrogene des avant-gardes (p. p. 107-122). Presses universitaires de Rennes. https://hdl.handle.net/2078.5/224708