Les tendances centralisatrices qui ont marqué l'histoire du français ont non seulement façonné la forme de cette langue, mais aussi l'imaginaire linguistique des francophones. Très tôt s'est imposée la reconnaissance d'une variété légitime, le français de Paris, avec lequel les autres variétés sont souvent dans une relation de sujétion. Les francophones conscients de l'écart qui sépare leurs pratiques langagières du modèle reconnu comme légitime vivent dans un état d'insécurité linguistique, particulièrement perceptible dans les communautés périphériques par rapport à l'Hexagone. Cette insécurité linguistique a été le thème du colloque international organisé en novembre 1993 à Louvain-la-Neuve, l'initiative du centre de recherche VALIBEL (Université catholique de Louvain). A cette occasion, des spécialistes de l'étude des représentations linguistiques, venant des principales aires de l'espace francophone, ont confronté leurs résultats de recherche. Les Actes de ce colloque illustrent à la fois la diversité théorique et méthodologique des approches de la notion d'insécurité linguistique, et une remarquable convergence des manifestations de l'insécurité linguistique dans la francophonie.
Francard, M. (1993). L’insécurité linguistique dans les communautés francophones périphériques. Volume I. Institut de linguistique. https://hdl.handle.net/2078.5/153275